登入— Tu as pensé à mon offre ? Dans trois jours, je pars. Trois jours, et tu ne me verras plus jamais. C'est ta dernière chance. Ta dernière porte de sortie. Après, il sera trop tard.
MatthiasLe printemps est arrivé.Les arbres bourgeonnent, les oiseaux chantent, la neige a fondu sur les sentiers. La forêt de Vervins, si menaçante en hiver, est devenue un écrin de verdure et de lumière.La forge est toujours là, solide, immuable, ses murs de pierre noircis par des années de fumée. Mais quelque chose a changé. L'air est plus léger. Le feu plus chaud. L'avenir plus lumineux.Gabriel parle. Pas beaucoup. Pas encore. Les mots viennent lentement, par bribes, par fragments. Certains jours, il est volubile, il me raconte ses rêves, ses souvenirs, ses espoirs. D'autres jours, il retombe dans le silence, et nous communiquons par gestes, par regards, par sourires, comme aux premiers jours. Je ne le presse jamais. Chaque mot est une victoire. Chaque phrase est un trésor.Nous sommes allés voir le shérif. Nous avons raconté toute l'histoire. Les dettes du père de Gabriel. L'incendie de la maison. La mort de sa mère. La
Il s'approche de l'établi, attrape une dague que j'ai passée des heures à polir. — Jolie marchandise. C'est toi qui fabriques ça ? T'es doué, le muet. Le patron va être content. Un bon artisan, ça vaut cher. Je secoue la tête, paniqué. Mon corps tout entier tremble. Je ne peux pas les laisser m'emmener. Pas maintenant. Pas quand j'ai enfin trouvé un refuge. Pas quand j'ai enfin trouvé l'amour. — Il est pas muet, remarque le grand. On dirait qu'il a retrouvé sa voix. — Laissez-moi tranquille, je réussis à articuler. Je ne vous dois rien. Les dettes de mon père ne sont pas les miennes. — Oh, il parle ! s'exclame le balafré. Mais les dettes, si, elles sont à toi. C'est la loi. Le fils paie pour le père. Le grand s'avance, m'agrippe par le col de ma chemise. Il me soulève presque du sol. Son haleine fétide me souffle au visage. — Alors tu viens gentiment avec nous, ou on t
La douleur s'estompe. Le plaisir prend le dessus. Chaque va-et-vient touche cet endroit en moi qui me fait gémir, qui me fait vibrer, qui me fait supplier.— Plus fort, je murmure. Matthias, plus fort.Il obéit. Ses hanches accélèrent. Ses mains agrippent mes épaules, mes hanches. Son souffle est court, brûlant contre ma nuque. La forge résonne du bruit de nos corps qui s'entrechoquent, du crépitement du feu, de nos gémissements mêlés.La tension monte en moi de nouveau. Plus intense que la première fois. Plus profonde. Je sens que je vais jouir encore.— Ensemble, souffle-t-il à mon oreille. Jouis avec moi, Gabriel.Sa main glisse sous mon ventre, enroule ses doigts autour de mon sexe. Et dans un dernier coup de reins, il s'enfonce tout entier en moi, se répand en moi dans un cri rauque, puissant, bestial.Son plaisir déclenche le mien. Je jouis dans sa main, contre les draps, en criant son nom. Mon corps tout entier e
Il s'allonge à côté de moi, sur le flanc, appuyé sur un coude. Sa main libre se pose sur mon ventre. Ses doigts tracent des cercles légers autour de mon nombril, descendent vers mon aine, remontent vers ma poitrine. Chaque effleurement est une décharge électrique qui parcourt ma peau, se diffuse dans mon ventre, descend entre mes cuisses.— Détends-toi, murmure-t-il. Je ne te ferai pas mal. Jamais je ne te ferai de mal.Ses lèvres se posent sur mon front. Puis sur mes paupières closes. Puis sur le bout de mon nez. Puis sur ma bouche. Le baiser est tendre, presque chaste. Mais il s'approfondit rapidement. Sa langue caresse mes lèvres, les ouvre, plonge dans ma bouche.Pendant qu'il m'embrasse, sa main descend le long de mon corps. Elle effleure mon torse, mes côtes, mon ventre. Ses doigts s'enroulent autour de mon sexe. Je sursaute, un gémissement muet franchit mes lèvres. C'est la première fois qu'on me touche ainsi. La première fois que je sens
GabrielCela fait une semaine que nous nous sommes embrassés.Une semaine que nous dormons dans le même lit, enlacés, corps contre corps. Une semaine que ses mains explorent mon dos, mes épaules, ma nuque, sans jamais descendre plus bas. Une semaine que je sens son désir pressé contre ma hanche, dur, brûlant, mais qu'il ne fait rien pour le satisfaire.Il attend. Il me laisse le temps. Il respecte mes silences, mes peurs, mes limites.Mais cette nuit, je ne veux plus attendre. Cette nuit, je veux qu'il me prenne.La neige tombe dehors, épaisse, silencieuse, enveloppant la forge dans un cocon blanc. Le feu crépite dans l'âtre, projetant des ombres dansantes sur les murs de pierre. L'atelier est chaud, presque étouffant, contrastant avec le froid glacial qui règne au-dehors.Nous venons de terminer le repas. Matthias est assis dans le vieux fauteuil près du feu, les jambes étendues, un gobelet de vin à la main. Il porte u
Je saisis sa main droite qui tient les pinces, je pose ma main sur la sienne. Ma poitrine presse contre son dos. Mes cuisses effleurent ses hanches. Sa peau est chaude sous mes doigts. Ses cheveux sentent la fumée, le charbon, et cette odeur de mousse des bois qu'il garde de la forêt. — Quand le fer est à cette température, il faut frapper ici, tu vois ? Pas trop fort. Juste assez pour le courber, pas assez pour le briser. L'acier est vivant. Il résiste. Il faut le convaincre, pas le forcer. Je guide son geste. Sa main est petite dans la mienne, presque fragile. Le marteau s'abat sur le fer chauffé à blanc. Le choc résonne dans l'atelier. Le métal gémit, ploie, commence à prendre la courbe souhaitée. Son corps tout entier vibre sous l'impact. Cette vibration se transmet à moi, remonte le long de mes bras, traverse ma poitrine, descend dans mon ventre. Je sens chacun de ses muscles se contracter sous sa chemise. Je sens la