Share

Chapitre 3

Author: S. Legacy
last update publish date: 2026-04-21 08:05:01

S’il vous plaît, n’appelez pas l’ambulance, je vais bien. » La voix de son père tremblait.

Daniella marqua une pause.

Sa bouche s’ouvrit. Elle le regarda un instant, le téléphone toujours à la main.

« Monsieur, êtes-vous sûr que vous allez bien ? » Sa voix tremblait.

« Oui. »

Gérard resta figé un instant, les observant échanger des mots.

On aida Richard à regagner sa chaise. Gérard s’assit à côté de lui. Sa mâchoire se crispa. Son cœur s’emballa un instant. Sa poitrine battait la chamade. Daniella était toujours dans un coin. Debout, elle regardait. Elle était à sec. Elle ne pouvait pas dire un mot.

Richard regarda son fils.

« Je meurs », murmura-t-il.

Gérard ne bougea pas. Ne dit rien. Il resta assis là, la mâchoire serrée, les yeux rivés sur le visage de son père, attendant le moment où tout cela s'avérerait faux. Mais cela ne vint jamais.

« Je le sens », dit son père. « Au pire, je ne serai plus là bientôt. »

« Papa, ne dis pas ça, je t'en prie. » La voix de Gerard se brisa.

Un silence complet s'installa dans la pièce.

« Il y a des années, j'ai passé un accord avec Victor Mills. » Sa voix baissa lorsqu'il commença à expliquer. « Nous avons convenu que nos enfants se marieraient entre eux à l'âge adulte. Afin de continuer à sauver l'entreprise et de partager ses bénéfices. »

Le regard de son père se posa sur le sol.

Gerard resta bouche bée. Il resta immobile. Son regard se porta à l'autre bout de la pièce.

« Tu n'en avais pas le droit. »

Son père ne protesta pas.

« Non. Je n'en avais pas le droit. » Un silence. « Mais je te le dis quand même. »

Daniella était toujours assise dans le coin. Elle ne fit pas un bruit. Son visage était baissé. Ses mains étaient jointes sur ses genoux.

Gérard se leva lentement. Il secoua légèrement la tête. Il regarda son père un instant. Puis il quitta la pièce sans dire un mot.

Daniella le regarda partir en silence. Elle se leva et tenta de le suivre dehors.

Richard la regarda de nouveau un instant.

« Tu es une femme intelligente », dit-il doucement.

Daniella marqua une pause. Et se retourna.

« Assez intelligente pour savoir quand une décision est déjà prise. »

Daniella se retourna. Elle le regarda et lui sourit légèrement. Puis elle reprit son chemin.

Elle referma silencieusement la porte derrière elle et s'arrêta. Les mains sur la poitrine, elle respirait bruyamment. Ses jambes tremblaient. Sa vision se brouillait.

« Ce n'est pas possible », murmura-t-elle.

C'était clair. Il n'avait pas besoin d'elle. Son père ne la voulait pas. Elle se laissa tomber lentement au sol. Elle réfléchissait. Gérard était parti se promener.

Elle se leva lentement. Elle s'essuya le visage, rajusta sa robe et sortit.

Le matin arriva trop vite.

Stacy se réveilla les joues encore gonflées et rouges. Elle s'assit sur le bord de son lit. Ses paupières étaient lourdes.

Elle devait se préparer pour le travail, comme d'habitude. Elle se planta devant le miroir de la salle de bain et se regarda longuement. Sa décision était prise.

La réponse était non. Et elle ne changerait pas d'avis, quoi qu'il arrive.

Elle s'habilla. Elle rangea ses papiers dans son sac.

Son téléphone sonna.

Son père.

Elle le fixa du regard jusqu'à ce que la sonnerie se taise.

Puis une notification. C'était un message.

Pas de son père. Mais d'un numéro inconnu.

 « Mademoiselle Mills. Je m'appelle Eleanor Hayes. Je suis l'assistante de direction de Gerard Blackwood. Monsieur Blackwood souhaite votre présence chez Crestline Holdings aujourd'hui à midi. Votre présence est impérative. »

Stacy lut attentivement le message. Encore et encore. Elle cligna des yeux et reposa son téléphone. Elle resta assise en silence un instant. Puis elle prit son sac et s'éloigna.

Assise dans le taxi, elle murmura : « Je n'irai pas. Et si je leur disais en personne que cela ne m'intéresse pas ? »

« Crestline Holdings, 9.0 Street », indiqua-t-elle aussitôt au chauffeur. « Emmenez-moi là-bas. Tout de suite ! »

Elle se tenait devant l'immeuble. Son cœur battait la chamade. Son corps tremblait. Elle entra lentement. Tout le monde travaillait en costume noir, s'affairant dans les allées et venues.

Malgré sa tenue, elle releva le menton et se dirigea vers la réception.

 « Bonjour madame. Je m'appelle Stacy Mills et je suis venue voir Eleanor Hayes. »

« Bienvenue madame. Veuillez patienter. »

La réceptionniste composa rapidement un numéro.

Moins d'une minute plus tard, Eleanor Hayes apparut. Tailleur élégant. Regard assuré. Elle la dévisagea de la tête aux pieds.

Mais Stacy ne répondit pas. Son regard restait fixé sur Mme Eleanor.

« Viens avec moi. » Elle emmena aussitôt Stacy vers l'ascenseur.

Les portes s'ouvrirent sur l'étage réservé aux VIP.

Gerard Blackwood se tenait au bout du couloir, dos à elle, le téléphone à l'oreille, une main dans la poche. La même attitude froide que l'homme dans la voiture.

Stacy s'arrêta net.

Elle eut un pincement au cœur avant même d'avoir réalisé. Son cœur ralentit. Elle se figea.

Il se retourna et la regarda.

Leurs regards se croisèrent. À nouveau.

La pluie, la flaque, les lunettes. Les mots.

« Et j'ai l'air de m'intéresser ? »

La reconnaissance traversa son visage au même instant que le sien. Immédiate. Et impossible à effacer.

Eleanor les regarda tour à tour. Sa tête oscilla de gauche à droite.

Elle dit rien.

Gérard raccrocha. Ses mains retombèrent lentement.

Après un long silence, il s'approcha d'elle lentement, les mains dans les poches, arborant cette expression détachée qu'elle lui connaissait bien. Mais il s'arrêta à soixante centimètres.

« Mademoiselle Mills. » Sa voix était posée.

« Vous. » Sa voix lui échappa avant même qu'elle puisse l'arrêter.

Le coin de ses lèvres esquissa un mouvement. Pas vraiment un sourire, mais quelque chose de plus froid.

« Apparemment, » dit-il doucement, « nous avons un problème. »

« Nous n'avons rien, » répondit-elle. « Je suis venue vous dire personnellement ce que j'ai déjà dit à mon père. La réponse est non. C'était non hier soir, c'est non maintenant et ce sera encore non quand je sortirai d'ici. »

Gérard l'observa longuement.

Comme si elle était une variable qu'il calculait plutôt qu'une personne à qui il parlait.

Puis il dit…

« Vantex est passé à l'action ce matin. »

 Un silence.

« L'entreprise de votre père a quarante-huit heures avant de tout perdre. »

Il laissa la phrase résonner.

« Alors, n'hésitez pas, » dit-il doucement en se retournant vers son bureau, « sortez. »

Il s'arrêta à la porte sans se retourner.

« Mais quand vous partirez… assurez-vous d'avoir déjà fait vos adieux à tout ce que votre père a mis sa vie à construire. Parce que tout aura disparu avant même que vous n'ayez atteint le trottoir. Et vous aussi, peut-être. »

Stacy se retourna.

« Que voulez-vous dire ? »

Elle était toujours dans le couloir, attendant sa réponse, lorsque son téléphone vibra dans son sac.

Elle l'ignora.

Ce n'est que lorsque les portes de l'ascenseur se refermèrent derrière elle et Eleanor qu'elle le sortit.

C'était un numéro inconnu.

« Vous ne savez pas dans quoi vous vous êtes embarquée. »

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 111

    Gerard ne lui demanda pas d’entrer. Après le « chapitre cent sept », il s’était promis de ne plus jamais lui faire cette demande, attendant qu’elle prenne elle-même l’initiative.Elle appela à midi.« Je viens à Crestline », dit-elle, sans préambule. « Pas parce que tu me l’as demandé. Mais parce que je veux voir l’ensemble réuni dans une même pièce, tel que Noah va le présenter ; je ne veux plus en entendre parler par bribes, au bout du fil. »« Très bien », répondit Gerard.« Ça ne signifie pas que je reviens », précisa-t-elle. « Je tiens à ce que ce soit clair. »« Je sais », dit-il. « Je ne l’interprète pas comme ça. »À son arrivée, Noah avait élaboré une frise chronologique matérielle sur le mur du bureau de Gerard : des pages imprimées, de la ficelle, des dates… ce chaos analogique propre à un homme qui travaille plus efficacement en manipulant des objets concrets qu’en ayant un écran entre lui et les éléments de preuve.Stacy resta un long moment immobile devant le mur, avant

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 110

    Noah travaillait toujours sur la piste liée à Thomas Cross quand quelque chose, de moindre envergure, attira son attention… une incohérence signalée par son système quelques heures plus tôt, sur laquelle il n’était pas revenu.Le manifeste de vol de Daniella Cross. Genève, six semaines plus tôt. Une confirmation que tout le monde avait prise pour argent comptant — Gerard, Victor, et même Noah lui-même —, car un numéro de confirmation de compagnie aérienne n’est généralement pas le genre de chose que l’on remet en question.Il consulta la liste réelle des passagers, et non la confirmation de réservation.Son nom figurait bien sur la réservation.Mais il n’apparaissait pas sur la liste des passagers ayant embarqué. Il vérifia deux fois. Il effectua des recoupements avec le système interne de la compagnie aérienne, grâce à un contact qui lui devait une faveur. Il obtint une troisième confirmation via les registres douaniers, côté Genève.Aucune trace de l’entrée de Daniella Cross en Suis

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 109

    Noah a appelé à neuf heures, la voix plus assurée qu’elle ne l’avait été depuis des jours — avec cette clarté propre à celui qui a travaillé toute la nuit et qui en a tiré quelque chose de concret.Gerard a pris l’appel dans son bureau. À sa demande, il a intégré Stacy sur une ligne séparée… elle écouterait, lui avait-elle confié une heure plus tôt, mais elle ne viendrait pas à Crestline aujourd’hui. Pas encore.« Dis-nous tout, » dit Gerard. « Depuis le début. »« Les communications de Kessler ont été entièrement récupérées, » explique Noah. « Des messages chiffrés, acheminés via trois serveurs intermédiaires ; mais le chiffrement n’était pas aussi sophistiqué que ses concepteurs l’imaginaient. J’ai l’intégralité des échanges sur les quatre derniers mois. Des instructions. Des confirmations. Y compris pour la nuit de l’intrusion, avec un horodatage à la minute près. »« Et la société écran ? » demande Gerard.« Confirmé, » répond Noah. « Vantex a versé les fonds à Kessler par le biai

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 108

    Il entra, et la première chose qui le frappa fut à quel point les lieux ne rappelaient en rien ce qu’il associait à elle.Rien de cette maîtrise de soi soignée, rien de cette prestance qu’elle affichait dans le monde des affaires. Un petit canapé, avec une couverture pliée sur l’accoudoir. Une unique lampe. La photographie de son père, posée contre le bureau, exactement là où elle l’avait laissée deux jours plus tôt. Une liste de ses vacations au restaurant, griffonnée sur un morceau de papier déchiré et fixée au réfrigérateur.L’endroit était plus exigu qu’il ne l’avait imaginé. Plus habité, aussi. D’une certaine manière, cela reflétait bien mieux sa personnalité que l’étage qu’il lui avait réservé chez lui ; cette prise de conscience lui noua la poitrine, avant même qu’il ne se soit assis.« Tu peux t’asseoir », dit-elle en désignant le canapé, d’un ton prudent, neutre. « Je ne vais pas rendre les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà en te laissant debout dans ma cuisine.

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 107

    Gerard se tenait dans la cuisine plongée dans l’obscurité, le téléphone plaqué contre l’oreille, attendant que Noah termine la phrase qu’il avait entamée.« Alors, qui était la cible ? » demande Gerard.« Il faut d’abord que tu comprennes une chose », répond Noah. « Ce n’est pas terminé. J’en ai reconstitué environ soixante pour cent. Mais ces soixante pour cent ne désignent pas Stacy. Ça n’a jamais été le cas. Je pense que les journaux d’accès qui l’incriminent ne sont qu’un effet secondaire… des dommages collatéraux, quelque chose que les gens de Daniella ont bricolé à la hâte pour brouiller la chronologie. La véritable architecture, en dessous, est plus ancienne. Plus lente. Conçue pour faire surface dans plusieurs mois, et non cette semaine. »« Noah. »« C’est ancré dans les documents fondateurs », explique Noah. « Les statuts originaux de Crestline. Ceux qui datent d’il y a vingt-six ans. »Gerard se figea.« Répète ça. »« Le second niveau n’a pas été conçu pour incriminer Stac

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 106

    Il posa le document. Saisit son téléphone. N’appela personne. Se contenta de regarder l’écran de verrouillage… aucun message, rien n’avait changé depuis l’appel manqué de la veille… puis il posa l’appareil, écran contre la table, pour la première fois depuis son départ. Il ne parvenait tout simplement plus à faire la distinction entre l’espoir et l’auto-torture.Ce soir-là, il prit la route vers le domaine ; c’était, à ses yeux, le seul endroit susceptible d’offrir encore un semblant de stabilité.L’état de Richard s’était dégradé. Pas de manière spectaculaire — rien de soudain, rien qui justifiât un appel d’urgence — mais il s’agissait de ce déclin silencieux, propre à un homme dont la santé ne marque plus de pause, ne laissant plus à personne le temps de reprendre son souffle.Il pensa à Richard. Quoi qu’il arrive, le redressement ne se jouera pas dans une salle de conseil.Il pensa à Stacy, à quelques kilomètres de là, dans un appartement qu’il n’avait jamais vu, menant une existen

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 5

    Un silence complet s'installa dans la pièce. Stacy sentait tous les regards posés sur elle sans lever les yeux. Elle se figea un instant. Son cœur rata un battement. Elle savait que la décision qu'elle prendrait à cet instant serait irrévocable.Richard se leva lentement et prit la parole.« Je tie

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 4

    Stacy prit rapidement un taxi pour rentrer chez elle. Elle s'assit à l'arrière.Sa mâchoire se crispa tandis qu'elle fixait le message sur l'écran lumineux de son téléphone. Ses mains tremblaient. Tout semblait normal dans la ville tandis qu'elle regardait par la fenêtre.Elle ne pouvait s'empêcher

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 2

    Elle se leva brusquement du canapé. Ses pieds tremblaient à peine et sa bouche était grande ouverte.« De quoi parles-tu, papa ? » lança-t-elle sèchement.Son père détourna le regard et hésita. Il resta muet. « Gerard Blackwood », finit-il par prononcer le nom.Elle le fixa, la bouche complètement

  • Sous contrat avec mon pdj impitoyable.    Chapitre 1

    Vous êtes aveugle ? » Sa voix perça le bruit de la pluie, la fatigue la brûlant, provoquant un crissement assourdissant qui s'interrompit brusquement.La vitre passager était déjà à moitié baissée lorsqu'elle aperçut la silhouette d'une femme, immobile et impassible sur le siège à côté de lui. Elle

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status