LOGINSilence.
— Mais la Cabale n'a jamais affronté quelqu'un comme moi. Elle n'a jamais affronté une armée comme la nôtre. Des loups, des humains, des vampires, des sorcières, tous unis pour la première fois. Tous prêts à se battre pour ce en quoi ils croient.
Un murmure parcourt l'assemblée.
— Je ne vous demande pas de mourir pour moi. Je vous demande de vous battre à côté de moi. De
Un long silence. L'ancien baisse la tête, vaincu.— Non. Je ne peux pas.— Alors tu ne peux rien me donner que je veuille.Je presse la sphère de lumière argentée contre sa poitrine.Il hurle. Un cri qui n'a rien d'humain, qui fait vibrer les dernières étoiles et trembler les dernières galaxies. Son corps parfait se fissure de milliers de fissures, laissant passer une lumière argentée qui le consume de l'intérieur. L'obscurité dans ses veines s'évapore, se dissout, disparaît.Et puis il n'y a plus rien.
Je ferme les yeux. Je me concentre sur la source, sur sa pulsation dans ma poitrine, sur sa voix dans ma tête. Elle est là, comme elle a toujours été là, patiente, infinie, éternelle.Montre-moi, murmuré-je en pensée. Montre-moi comment les détruire.Et la source répond.Pas avec des mots. Pas avec des images. Avec une sensation. Une certitude. Une compréhension soudaine qui s'impose à mon esprit comme une évidence.Je sais quoi faire.J'ouvre les yeux. La lumière argentée qui brille dans mes paumes s'intensifie, devient plus
— Lorenzo...— Elle me dit que je peux me reposer maintenant... Que j'ai assez fait... Assez souffert... Assez donné...Les larmes coulent sur mes joues, chaudes et salées, si différentes du sang noir qui souille le visage de Lorenzo. Je les sens couler, mais je ne fais rien pour les arrêter. Je ne peux rien faire.— Tu veux que j'aille vers elle ? me demande Lorenzo. Sa voix est celle d'un enfant perdu, d'un petit garçon qui cherche l'approbation de sa mère. Tu crois que je devrais y aller ?Je voudrais lui dire non. Je voudrais lui dire de rester, de se battre, de ne pas abandonner. Je voudrais lui dire que j'ai encore besoin
Je dépose doucement le corps de Lorenzo sur le vide. Il flotte là, léger, presque paisible maintenant que l'obscurité a fini de le consumer. Ses yeux sont toujours ouverts, fixant l'éternité.Puis je me lève.Et je sens quelque chose changer en moi. Quelque chose de profond. Quelque chose de fondamental. La source pulse, plus fort que jamais, mais ce n'est plus la même source. Elle est teintée maintenant. Teintée de colère. Teintée de douleur. Teintée de rage.— Vous voulez voir la source ?, dis-je aux anciens. Vous voulez voir le pouvoir des dieux anciens ? Vous voulez voir ce qui arrive quand on pousse une simple mortelle à bout ?
AlthéaLa sphère d'obscurité fonce vers moi comme une météorite de ténèbres.Je vois ma mort approcher. Je la sens dans chaque fibre de mon être, dans chaque pulsation de la source, dans chaque battement de mon cœur. L'anti-lumière. L'anti-vie. La négation absolue de tout ce que je suis.Je lève les mains, mais je sais que ça ne suffira pas. Mes doigts tremblent. Mes paumes saignent, les bandages imbibés de sang et de sueur. La source pulse faiblement — toujours infinie, mais mon corps ne peut plus la canaliser correctement. Je suis une ampoule qui reçoit le courant d'une centrale nucléaire tout entière. Je vais griller.
Je frappe à nouveau.Cette fois, ce n'est pas un rayon que je projette. C'est une sphère de lumière blanche qui se dilate autour de moi, repoussant l'obscurité, repoussant les anciens, repoussant tout ce qui n'est pas la source. Une bulle de réalité pure qui s'étend comme une onde de choc, balayant tout sur son passage.Les douze anciens sont projetés en arrière. Leurs corps parfaits s'écrasent contre des murs invisibles, rebondissent, flottent dans le vide cosmique. Leurs robes ne sont plus que des lambeaux. Leurs peaux sont couvertes de fissures, de brûlures, de plaies qui suintent de l'obscurité.Mais ils se relèvent.







