เข้าสู่ระบบJe ferme les yeux. Dans le noir, je la vois. Elle est là, devant moi, ses yeux rouges, ses joues mouillées, sa main qui serre la sangle de son sac.— Je ne peux pas, Diego. Je ne peux plus.— Pourquoi ?— Parce que je ne survivrai pas à toi. Parce que tu es en train de me tuer à petit feu, et que je veux vivre. Je veux vivre, Diego. Je veux être libre.— Tu seras libre. Je te le promets. Je te donnerai tout ce que tu veux. Je te laisserai partir où tu veux, faire ce que tu veux, être qui tu veux. Mais reste avec moi. S'il te plaît. Reste avec moi.Elle secoue la tête. Ce mouvement lent, triste, définitif que j'ai vu des centaines de fois en quelques minutes et qui me brise chaque fois un peu plus.— Tu ne changeras jamais, Diego. Tu es comme tu es. Et moi, je ne peux pas vivre avec ce que tu es.— Je changerai. Je te le
Elle tourne la tête.Ses yeux rencontrent les miens à travers la vitre.Et je vois tout. Je vois l'amour, la douleur, la culpabilité, le regret. Je vois tout ce qu'elle ne dit pas, tout ce qu'elle ne peut pas dire, tout ce qu'elle emporte avec elle.Ses lèvres bougent. Elle dit quelque chose, mais je n'entends pas. Le bruit de la gare, les annonces, le moteur du train qui ronronne, tout couvre ses mots.Mais je sais ce qu'elle dit.Je t'aime.Le train démarre.Les wagons s'ébranlent, les roues crissent sur les rails, la machine souffle. Le mouvement est lent d'abord, presque imperceptible, puis il s'accélère, de plus en plus vite, de plus en plus loin.Elle ne se retourne pas.Elle reste là, assise près de la fenêtre, ses yeux dans les miens, jusqu'à ce que le train prenne de la vitesse, jusqu'à ce que son visage devienne flou, jusqu
Les mots tombent entre nous comme des couperets. Lourds. Définitifs. Irrévocables.Je la regarde. Je regarde ses yeux rouges, ses joues mouillées, ses lèvres qui tremblent. Je regarde cette femme que j'aime plus que tout au monde, cette femme que j'ai détruite sans même m'en rendre compte, cette femme qui est en train de partir et que je ne peux pas retenir.— Je ferai tout ce que tu veux, murmuré-je.Ma voix n'est plus qu'un filet, un souffle, une prière.— Tout. Je te le jure. Je changerai. Je deviendrai un autre homme. Je laisserai Chiara partir. Je vendrai la maison. Je quitterai Mexico. Je ferai tout ce que tu veux. Mais ne pars pas. Ne me laisse pas. Je t'en supplie, Valentina. Ne me laisse pas.Elle ferme les yeux. Ses larmes coulent librement maintenant, sans qu'elle cherche à les retenir. Elles tracent des sillons brillants sur ses joues, tombent sur sa
DiegoLa gare centrale est un monstre de béton et de verre. Les poutres métalliques s'élèvent vers le plafond comme des doigts squelettiques, les néons blafards jettent une lumière d'hôpital sur les visages fatigués des voyageurs. L'odeur du diesel se mélange à celle du café bon marché et de la transpiration. Des centaines de personnes marchent, courent, traînent des valises, serrent des enfants contre elles, consultent leurs téléphones.Je les regarde sans les voir.Mes hommes m'ont appelé il y a vingt minutes. Ils ont retrouvé sa trace. Une femme correspondant à sa description a acheté un billet pour le sud. Guichet numéro quatre. Trente-huit dollars. Elle était seule, un petit sac noir sur l'épaule, les yeux rouges.Mes jambes m'ont porté jusqu'ici sans que je m'en rende compte. Je
Je remonte dans la chambre. Le lit est défait, les draps sont froids, son odeur est encore là, sur l'oreiller, sur les draps, sur ma peau. L'odeur de son parfum, de ses cheveux, de sa peau. L'odeur de Valentina.Je m'allonge. Je prends l'oreiller, je le serre contre ma poitrine. Il sent elle. Il sent son parfum, sa peau, sa vie. Je ferme les yeux, je respire, j'essaie de la retenir.— Reviens, Valentina.Ma voix est un murmure, à peine audible.— Reviens, je t'en supplie. Je ferai tout ce que tu veux. Je laisserai Chiara partir. Je vendrai la maison. Je quitterai Mexico. Je ferai tout, mais reviens.Les larmes coulent sur mes joues, tombent sur l'oreiller, se perdent dans le tissu. Je pleure comme un enfant, comme un homme brisé, comme quelqu'un qui a tout perdu et qui ne sait pas comment continuer.Le téléphone sonne.Je le prends, mes mains tremblent, mes doigts gli
DiegoJe me réveille seul.Le lit est vide. Les draps sont froids. La chambre est silencieuse. Trop silencieuse. Ce silence qui n'est pas vraiment un silence, mais une absence, un vide, une mort.Je tends la main vers sa place, vers sa chaleur, vers sa présence. Mes doigts ne rencontrent que le drap froid, l'oreiller vide, le néant.Il n'y a rien.Juste une enveloppe blanche sur l'oreiller, avec mon nom écrit dessus.Diego.L'écriture est la sienne. Fine, déliée, élégante. Je la reconnais entre mille. Je l'ai vue sur des centaines de petits mots, des milliers de "je t'aime", des millions de promesses.Je prends l'enveloppe. Mes mains tremblent. Mes doigts sont glacés. Mon cœur bat trop vite, trop fort, trop douloureusement.Je l'ouvre. Mes doigts glissent sur le papier, déchirent l'enveloppe, sortent la lettre.Je lis.
ValentinaEst-ce un caprice de tyran ? Le besoin de posséder absolument tout, même les contradictions ? De prouver qu’il peut défier les conventions, qu’il est au-dessus des lois, même celles du sacrement qu’il vient de prononcer ?Ou est-ce plus profond ? Plus pervers.Peut-être que pour lui, le m
ChiaraLe papier velin est lisse et lourd sous mes doigts, presque vivant. Je le caresse du bout de l’index, là où l’encre noire, élégante et ferme, a tracé les mots les plus importants de ma vie : « Diego Lorenzo Maria Valente et Chiara Isabella Agnello s’uniront par les liens du mariage… »Je rel
ValentinaLa conscience revient par vagues lourdes et douloureuses.D’abord, une sensation diffuse : une chaleur qui me confine, un poids autour de ma taille. Puis, les sensations spécifiques. Une brûlure sourde, profonde, qui enveloppe le bas de mon corps. Une raideur dans les muscles des bras, de
DiegoLe trajet est une tombe roulante. Elle se tient raide contre la portière, à l’autre bout de la banquette en cuir, comme si l’espace entre nous était un fossé électrifié. Le tablier, froissé et taché, gît entre nous, insigne de sa trahison. Elle regarde la ville sans la voir, la mâchoire serré







