로그인Chapitre 58 : La visite aux jumeauxAlessandroJe n'arrive pas à croire ce que j'ai fait. J'ai embrassé Solène. J'ai posé mes lèvres sur les siennes, j'ai senti son souffle se mêler au mien, j'ai goûté le sel de ses larmes et la douceur de sa peau. Et elle ne m'a pas repoussé. Elle n'a pas crié, pas giflé, pas insulté. Elle est restée là, les yeux fermés, les mains tremblantes, comme si elle attendait ce baiser depuis deux ans, comme si elle l'espérait sans oser se l'avouer.Je l'aime. Je l'aime depuis le premier regard, depuis le Labyrinthe, depuis cette nuit où elle était assise au bar avec son verre tiède et ses yeux trop sérieux. Je l'aimais déjà quand je l'ai abandonnée, et c'est pour ça que je l'ai abandonnée. Parce que l'aimer, c'était renoncer à tout ce que ma mère avait construit pour moi, à tout ce qu'elle attendait de moi. L'aimer, c'était trahir ma famille, mon nom, mon destin. Alors j'ai fui, comme j'ai toujours fui, comme un lâche, comme un enfant. Et voilà qu'aujourd'hu
Chapitre 57 : Le dossier empoisonnéSolèneLe baiser d'Alessandro a laissé sur mes lèvres un goût de cendre et de miel, de trahison et de promesse, de passé et d'avenir. Je ne sais plus ce que je ressens pour cet homme, et peut-être ne l'ai-je jamais su. La haine était si confortable, si rassurante, si simple à porter comme une armure. L'amour, ou ce qui y ressemble, est bien plus compliqué, bien plus dangereux, bien plus difficile à manier. Il ne protège pas, il expose. Il ne répare pas, il fissure. Il ne simplifie rien, il complique tout.Après son départ, je reste longtemps assise sur le canapé défoncé, les yeux fixés sur la porte qu'il a refermée derrière lui, les doigts posés sur mes lèvres comme pour retenir la trace de ce baiser. Gabriel et Raphaël dorment paisiblement dans leurs berceaux, indifférents au séisme émotionnel qui vient de secouer leur mère. Ils ne savent pas que leur père vient de m'embrasser, qu'il m'a dit qu'il m'aimait, que je n'ai pas su quoi répondre. Ils ne
Chapitre 56 : L'approche dangereuse de TiagoSolèneLes jours qui suivent ma rencontre avec Tiago sont placés sous le signe de l'incertitude. L'enveloppe qu'il m'a remise est cachée sous mon matelas, avec le médaillon et mon carnet de croquis. Je ne l'ai pas ouverte, je ne l'ai pas montrée à Alessandro, je n'en ai parlé à personne, pas même à Margot. Ces documents sont une bombe à retardement, et je ne sais pas encore si je veux l'amorcer ou la désamorcer.Alessandro continue de venir voir les jumeaux, presque tous les jours maintenant. Il arrive le matin, après son jogging dans le parc du domaine, les bras chargés de cadeaux : des peluches, des livres pour enfants, des vêtements de marque que je n'aurais jamais pu me payer. Gabriel l'accueille avec des cris de joie, tend les bras vers lui, babille des mots incompréhensibles qui ressemblent à « papa » sans en être tout à fait. Raphaël reste plus distant, mais sa méfiance s'effrite peu à peu. Hier, il a accepté de s'asseoir sur les gen
Chapitre 55 : Le refus cinglantSolèneJe n'attends pas l'ascenseur. Je dévale les escaliers du siège social, mes talons claquant sur les marches de marbre, mon cœur tambourinant dans ma poitrine. Je viens de déchirer un chèque de cinq millions d'euros. Cinq millions. De quoi vivre jusqu'à la fin de mes jours sans jamais travailler, de quoi offrir à mes fils les meilleures écoles, les meilleurs soins, la meilleure vie possible. Et j'ai dit non. J'ai dit non à la sécurité, au confort, à la tranquillité. J'ai dit oui à la vérité, à la justice, à la dignité. Et je ne regrette rien.Le hall d'entrée est immense, froid, impersonnel. Des hommes en costume pressent le pas, des secrétaires s'affairent derrière leurs ordinateurs, des écrans géants diffusent les cours de la bourse en temps réel. Le monde des affaires continue de tourner, indifférent au séisme qui vient de secouer ma vie. Je traverse ce temple du capitalisme la tête haute, les épaules droites, le regard fixé sur les portes vitré
Chapitre 54 : Le contrat odieuxSolèneUne semaine a passé depuis la révélation de Béatriz. Sept jours de silence, de réflexion, de reconstruction lente et douloureuse. Alessandro est venu trois fois à l'appartement, pour voir les jumeaux, pour leur parler, pour essayer maladroitement de tisser un lien avec ces deux petits êtres qui le regardent encore comme un étranger. Gabriel s'est montré curieux, ouvert, il a accepté de s'asseoir sur ses genoux, de jouer avec sa montre, de babiller dans son langage incompréhensible. Raphaël, fidèle à son caractère ombrageux, est resté méfiant, distant, refusant tout contact plus long que quelques secondes. Chaque fois qu'Alessandro tendait la main vers lui, il se détournait, se réfugiait dans mes bras, enfouissait son visage dans mon cou. Cela prendra du temps, m'a dit Alessandro, et j'ai hoché la tête sans répondre. Oui, cela prendra du temps. Beaucoup de temps. Mais ce temps, nous l'avons désormais.Ce matin-là, je reçois un message de Béatriz.
Chapitre 53 : La rencontre avec BéatrizSolèneLe silence qui suit le départ de Béatriz est si lourd, si dense, si oppressant que j'ai l'impression de suffoquer. L'air du salon est devenu irrespirable, chargé de poussière et de secrets, saturé de révélations qui m'ont frappée comme autant de coups de poignard. Cousins. Alessandro et moi sommes cousins germains. Nos pères étaient frères jumeaux, séparés par la tyrannie d'un vieillard, réunis par la mort dans une tragédie qui n'en finit pas de se répercuter à travers les générations. Et moi, pauvre idiote, j'ai couché avec mon cousin, j'ai eu des enfants de lui, j'ai bâti ma vengeance sur un socle qui s'effondre aujourd'hui en emportant tout sur son passage.Alessandro est effondré sur le canapé, le visage enfoui dans ses mains, les épaules secouées de tremblements qu'il ne peut pas contrôler. Il ne pleure pas, pas encore, mais c'est tout comme. Ses doigts sont crispés sur ses tempes, ses jointures sont blanches, sa respiration est cour







