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Chapitre 4

Author: dainamimboui
last update publish date: 2026-04-01 23:31:34

Elles rentrent à la maison en silence. Le trajet depuis l’entreprise leur a semblé interminable. Dans la petite rue où elles habitent. Joyce marche quelques pas derrière Adeline, l’observant discrètement. Depuis leur sortie du bureau d’Hector, quelque chose a changé chez son amie. Son regard est plus dur, plus lointain.

Adeline pousse la porte et entre la première. Elle dépose son sac sur la petite table du salon, retire ses chaussures sans un mot, puis se dirige directement vers la cuisine pour se servir un verre d’eau. Sa main tremble légèrement lorsqu’elle porte le verre à ses lèvres.

Joyce la suit, les sourcils froncés.

— Ady… qu’est-ce qu’il t’a dit exactement, ce type ? demande-t-elle enfin, incapable de contenir sa curiosité.

Adeline avale une gorgée d’eau, évitant soigneusement son regard. Les mots d’Hector résonnent encore dans sa tête : « Couchons ensemble et je ferai de toi la vedette de l’entreprise. » Une vague de dégoût lui serre l’estomac.

— Rien d’important, répond-elle d’un ton neutre. Juste des formalités… des questions sur mon expérience.

Joyce plisse les yeux. Elle connaît trop bien Adeline pour ne pas sentir qu’elle ment.

— Tu es sûre ? insiste-t-elle. Tu es sortie de son bureau comme si tu avais vu un fantôme.

Adeline repose brusquement le verre sur la table.

— Joyce, s’il te plaît… je suis fatiguée. On en parlera une autre fois.

Elle se détourne aussitôt et quitte la cuisine avant que son amie ne puisse ajouter quoi que ce soit. Elle traverse le petit couloir et se réfugie dans sa chambre, fermant la porte derrière elle avec un soupir profond. Le silence retombe dans l’appartement.

Adeline s’assoit sur le bord de son lit, passe une main sur son visage, puis attrape son téléphone. Elle compose rapidement un numéro qu’elle connaît par cœur. Après quelques secondes, une voix douce et familière répond.

— Allô, ma chérie ?

À l’autre bout du fil, sa mère.

La gorge d’Adeline se serre immédiatement.

— Maman… c’est moi.

— Adeline ! Alors, comment s’est passée votre inscription ? Vous avez été bien accueillies ?

Un court silence s’installe. Adeline hésite, cherchant ses mots.

— Oui… ça s’est bien passé, répond-elle finalement. Ils étudient encore les dossiers.

Elle ferme les yeux, incapable de dire la vérité. Elle ne veut pas inquiéter sa mère, déjà épuisée par les difficultés financières de la famille.

— J’espère tellement que vous serez prises toutes les deux, poursuit la mère avec espoir. Ce serait une chance incroyable pour vous.

Adeline force un sourire, même si personne ne peut le voir.

— Oui, maman… on croise les doigts.

Au même moment, dans le salon, le téléphone de Joyce sonne. Surprise, elle se précipite pour répondre.

— Allô ?

Une voix professionnelle se fait entendre, claire et enthousiaste.

— Bonjour, mademoiselle Joyce. Nous vous appelons de la maison de couture Price. Nous avons le plaisir de vous informer que votre candidature a été acceptée. Vous êtes admise à notre programme de formation.

Joyce reste figée, le cœur battant à toute vitesse.

— Vraiment ? demande-t-elle, presque en chuchotant.

— Oui. Nous vous attendons lundi prochain pour la signature des documents.

La communication se termine.

Joyce reste immobile quelques secondes, le téléphone encore collé à son oreille. Puis un cri de joie lui échappe malgré elle.

— Ady !

Dans sa chambre, Adeline sursaute.

— Maman, je te rappelle plus tard, d’accord ? dit-elle rapidement avant de raccrocher.

Elle ouvre la porte et sort dans le couloir. Joyce l’attend au milieu du salon, les yeux brillants d’émotion.

— J’ai été acceptée… souffle-t-elle. Ady, ils m’ont prise à Price !

Un sourire sincère illumine immédiatement le visage d’Adeline. Elle oublie un instant sa propre situation et se précipite pour serrer son amie dans ses bras.

— C’est magnifique, Joyce ! Je suis tellement fière de toi !

Joyce rit nerveusement, encore sous le choc.

— Je n’arrive pas à y croire… C’est le début de tout !

Puis son expression change soudain. Une inquiétude traverse son regard.

— Et toi ? Ils t’ont appelée ?

Le cœur d’Adeline se serre. Elle savait que ce moment arriverait.

— Je… je vais appeler maintenant, dit-elle doucement.

Elle compose le numéro de la maison de couture, sous le regard attentif de Joyce. Chaque sonnerie semble durer une éternité. Enfin, une voix répond.Adeline écoute en silence, son visage devenant progressivement plus pâle.

— Je comprends… Merci de m’avoir informée.

Elle raccroche lentement…Un silence pesant s’installe. Joyce s’approche, anxieuse.

— Alors ?

Adeline inspire profondément avant de répondre.

— Mon dossier a été rejeté.

Les mots tombent comme une pierre…Joyce reste figée, choquée.

— Quoi ? Ce n’est pas possible… Ils ont dû faire une erreur tu es talentueuse et encore mieux que moi.. !

— Non, dit Adeline avec calme. Ils ont simplement choisi d’autres candidates.

Les yeux de Joyce se remplissent de larmes.

— Si tu n’es pas prise, je n’irai pas non plus, déclare-t-elle fermement. On a toujours fait les choses ensemble.

Adeline secoue immédiatement la tête.

— Non, Joyce. Tu dois y aller.

— Mais—

— Écoute-moi…C’est ton rêve. Tu as travaillé dur pour ça. Tu ne peux pas abandonner à cause de moi. Joyce essuie une larme du revers de la main.

— Et toi, alors ? Tu vas faire quoi ?

Adeline esquisse un léger sourire, courageux malgré la déception qui lui brûle le cœur.

— Je trouverai une autre maison de couture. Il y en a des dizaines. Ce n’est qu’un refus… pas la fin du monde.

Elle pose ses mains sur les épaules de sa sœur.

— Promets-moi d’y aller. De réussir. De devenir la meilleure.

Joyce la regarde longuement, émue par sa force.

— Tu es sûre ?

Adeline hoche la tête.

— Absolument.

Après quelques secondes d’hésitation, Joyce finit par acquiescer lentement.

— D’accord… j’irai.

Un silence tendre s’installe entre elles. Mais au fond d’elle, Adeline sent une douleur sourde grandir. Pas seulement à cause du refus… mais à cause du secret qu’elle porte désormais.

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