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LA NUIT OÙ TOUT A FAILLI BASCULER

Author: carineo8obame
last update publish date: 2026-02-05 20:25:44

Les examens étaient enfin terminés, et avec eux la pression des semaines précédentes ainsi que le sentiment de surveillance s’étaient également envolés.

Michel s’était très bien remis de sa maladie et était sorti premier au bac blanc dans sa filière.

Moi, j’avais réussi mon trimestre et j’étais troisième de la classe.

Il nous restait deux mois de cours. Il faut savoir que la vie à l’internat avait également bien évolué. Nous avions pris l’habitude de sortir la nuit pour aller acheter à manger, car ce qui était proposé à l’internat ne nous convenait plus. La nourriture était infecte.

Un soir, deux internes et moi avions décidé d’aller acheter à manger à Akoakam. Il y avait Byo, que vous connaissez déjà, c’est elle qui m’a tellement vanté les mérites de Michel, Esther et moi.

Nous sortîmes de l’internat pour nous diriger vers le carrefour où nous devions prendre un taxi afin de nous rendre au centre-ville, à Akoakam. Arrivées au carrefour, nous avons mis dix minutes à attendre un taxi qui allait dans la même direction que nous.

Arrivées à Akoakam, il était 22 heures. Nous cherchions où acheter à manger. Tellement il y avait de choix, nous finîmes par nous arrêter devant un bar où l’on vendait de la grillade. Nous nous sommes assises, avons commandé nos plats à emporter et, pendant ce temps, nous avions décidé de prendre un verre. Nous profitions de notre soirée et j’annonçai aux filles que nous ne devions pas rentrer trop tard, car Michel venait me voir ce soir-là et nous avions prévu de nous voir pour 00 h 30.

23 heures sonnèrent. Nous récupérâmes nos plats et nous nous dirigeâmes vers la route pour prendre un taxi et rentrer à l’internat. Nous avons rapidement trouvé un taxi. Il nous a déposées au carrefour situé non loin de l’internat, et nous devions finir le chemin à pied.

J’ai oublié de vous dire que le chemin qui menait à l’internat n’était pas très éclairé. Nous étions trois filles, peu rassurées, et surtout il n’y avait plus grand monde dehors à cette heure de la nuit.

Nous commençâmes à marcher. Nous avions déjà fait la moitié du chemin quand nous avons croisé un homme. Esther et moi étions devant, mais Byo était juste derrière nous. L’homme passa. Nous n’avions pas remarqué que Byo lui avait demandé un briquet. Oui, car il lui arrivait de fumer.

Puis Byo nous dit :

« Les filles, j’ai envie de fumer. J’ai demandé à ce monsieur, il n’avait pas de briquet. »

Je répondis à Byo :

« Tu aurais pu attendre qu’on arrive à l’internat, c’est un inconnu. »

Tout à coup, derrière nous, nous entendîmes :

« Eeeehhhh ! Arrêtez-vous ! »

Nous nous retournâmes. C’était le même homme, celui qui était passé à côté de nous quelques instants plus tôt. Nous nous trouvions entre l’église, le portail de notre école et l’internat des frères.

Il courut pour nous rattraper et, arrivé à notre niveau, il nous dit :

« Rendez-moi mon briquet. Votre copine a pris mon briquet, je veux qu’elle me le rende. »

Esther et moi regardâmes Byo.

« Mais as-tu pris son briquet ? Tu nous as dit qu’il n’en avait pas. »

Byo répondit :

« Tu ne m’as rien donné. Tu m’as dit que tu n’avais pas de briquet. Que nous veux-tu ? »

L’homme réagit alors en haussant le ton :

« Baissez d’un ton. Si vous ne me rendez pas mon briquet, je crie et on saura que vous êtes sorties cette nuit, alors que vous êtes des internes et que vous n’en avez pas le droit. »

Nous voilà en panique.

« Nous sommes juste allées acheter à manger, s’il te plaît, laisse-nous partir », répondis-je.

Il s’approcha de moi, me toucha le visage et dit :

« Vous me donnez tout ce que vous avez sur vous et je vous laisse partir. »

Mais nous n’avions rien sur nous. Juste moi, qui avais mon téléphone. Impossible de le lui donner. Comment mes parents allaient-ils me contacter ? Comment allais-je échanger avec Michel ? Et comment expliquer à mes parents que mon téléphone avait été braqué, ce qui impliquerait de tout leur raconter ?

Nous déclarâmes que nous n’avions rien sur nous, mais que nous pouvions aller à l’internat chercher de l’argent et le lui ramener.

Il ne dit rien pendant environ six secondes. Je regardais vers l’internat des frères en espérant que Michel ne sorte pas à ce moment-là, car je ne lui avais rien dit. Je ne voulais pas qu’il découvre cette scène.

Puis j’aperçus Michel qui se dirigeait vers le raccourci de l’internat. Finalement, je voulais qu’il nous voie, mais non, il ne nous remarqua pas.

Tout à coup, l’homme nous ordonna de le suivre jusqu’au hangar, proche de l’entrée de notre internat. Nous le suivîmes. Arrivés au hangar, il dit :

« Deux partent chercher l’argent, une reste. Et celle qui reste, c’est toi. »

Je le regardai.

« Moi je reste ? Non. Si vous voulez, je peux vous donner mon téléphone et demain on vous donne l’argent. »

Je ne voulais pas rester là avec lui.

Quelques minutes plus tard, un autre homme sortit de la cabane située juste à côté. Je compris alors qu’ils étaient des ouvriers, mais qu’ils n’étaient pas là depuis longtemps. Il appela son ami « mani », ce qui signifie ami en argot.

J’eus peur. Il prit mon téléphone de force, car je l’avais dans la main, sans répondre à ma proposition. Puis il dit :

« Toi, tu restes. Les filles partent. »

Son ami sortit une machette. J’avais clairement fait comprendre que je ne resterais jamais avec eux. Ils avaient pris mon téléphone, nous avions proposé de l’argent, mais rien n’y faisait.

Il reprit :

« Veux-tu que j’aille informer le curé que vous êtes sorties cette nuit, ou que j’alerte tout le monde ? »

Je répondis non.

C’est à ce moment-là que Michel apparut en prenant le raccourci pour se rendre à l’internat. Il nous vit, s’approcha et demanda ce qui se passait. Il demanda à Byo et Esther de rentrer, et moi je restai avec lui pour lui expliquer la situation.

Il se mit à discuter avec les deux hommes pour trouver un arrangement. L’un d’eux posa sa main sur ma hanche. J’étais terrifiée, mais j’avais confiance en Michel.

Michel dit alors :

« Vous savez quoi ? On va la laisser partir. Le reste, on va le régler ensemble. »

Les deux hommes n’étaient pas très d’accord, mais ils finirent par me laisser partir. Je rentrai dans le portail de l’internat, inquiète d’avoir laissé Michel avec deux hommes, dont un armé d’une machette.

Il m’avait dit :

« Ne t’inquiète pas. »

Je marchais vite, je voulais juste retrouver mon lit. Les filles m’attendaient à l’accueil de l’internat. Nous nous sommes dirigées rapidement vers le dortoir.

Byo s’excusa de l’avoir interpellé. Je n’avais même pas envie de parler. Aucun mot ne sortit de ma bouche après ce que je venais de subir. Si Michel n’avait pas été là, que se serait-il passé ? Avait-il réussi à s’en sortir ?

J’entendis ensuite des coups sur le mur. C’était Michel. C’était un signal que nous avions entre internes pour signaler qu’il y avait d’autres internes présents dans l’internat. Mais je n’étais plus sereine après ce que nous avions vécu.

Les filles et moi nous regardâmes, puis nous décidâmes d’aller voir qui c’était, avec une peur énorme au ventre. Et si ce n’était pas Michel ?

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