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UN RAPPROCHEMENT INTERROMPU

Author: carineo8obame
last update publish date: 2026-01-29 05:44:00

Une semaine passa. Nous ne nous étions pas revus depuis.

Puis, un lundi matin, lors de la levée des couleurs, chaque classe était présente. Nous nous mettions en rang. Juste à côté de nous se trouvait un groupe : les terminales. Moi, j’étais en première. Et là, j’aperçus Michel, en train de discuter avec l’un de ses amis.

Le bruit du sifflet retentit. Tout le monde devait se taire et se préparer pour la levée des couleurs. Une fois la cérémonie terminée, je me dirigeai vers ma classe et essayai de le retrouver du regard. Je regardai partout, mais plus aucune trace de lui.

Nous avions cours de mathématiques ce matin-là, et j’étais assez absente pendant le cours, car je voulais le revoir une seconde fois. Le cours se termina, et ce fut le moment de la récréation.

Byo et Jeanice vinrent me voir. Nous étions devant la porte de ma classe en train de discuter quand Byo me demanda :

« Alors, as-tu revu Michel ? »

Je lui répondis :

« Non, je l’ai aperçu ce matin au drapeau, mais quelques minutes plus tard, plus rien. »

Elle me dit :

« Ce n’est pas possible. Tu sais qu’il est juste à côté de ta classe ? »

Je répondis, surprise :

« Ah bon ? » car je l’ignorais totalement.

Puis je tournai la tête sur ma droite. Nos regards se croisèrent. Il venait tout juste de sortir de sa salle de classe. Il me sourit, et les filles le remarquèrent aussitôt.

Il s’approcha de nous et nous salua. Puis, tout à coup, Byo et Jeanice me dirent au revoir. À ce moment-là, nous nous retrouvâmes seuls tous les deux. Je savais ce que cela voulait dire : je devais lui apporter une réponse.

J’étais figée. Il me demanda si j’allais bien.

Je lui répondis :

« Oui, et toi ? »

Il me dit :

« Je vais bien, même si je n’ai pas cessé de penser à toi. »

Je souris. J’aurais voulu lui répondre que moi aussi, mais je n’en eus pas le courage. Puis il ajouta :

« Tu me dois une réponse. »

Il me fixa pendant plusieurs secondes. Je n’ai pas supporté son regard, j’ai cligné des yeux et fini par détourner le regard. Finalement, je répondis :

« Oui, je te dois une réponse. »

Il me demanda :

« Est-elle favorable ? »

Alors je dis :

« Oui, je veux être ta copine. »

À ce moment-là, mon rythme cardiaque s’accéléra. Il s’approcha de moi et déposa un baiser sur mon front. J’eus l’impression d’être libérée, mais en même temps, je ne savais pas comment réagir.

La sonnerie retentit. C’était la fin de la récréation.

Il me dit :

« On se voit à la deuxième récréation. »

Je répondis :

« Oui, à tout à l’heure. »

Pendant mon deuxième cours, je repensais à ce baiser, à ce que nous allions nous dire pendant cette deuxième récréation. Je voulais en savoir davantage sur ses intentions, mais j’étais aussi en panique, car je me rendais compte que je ne le connaissais absolument pas.

Mais est-ce parce que je ne le connais pas que je ne devrais pas en profiter ? De toute façon, je ne suis ici que pour quelques mois… autant en profiter.

L’heure de la deuxième récréation sonna. Mon professeur sortit de la salle et je rangeais mes affaires dans mon sac quand je vis quelqu’un s’approcher de ma table. C’était Michel. Je levai les yeux vers lui, il me sourit et je lui rendis son sourire. Il me demanda si mon cours s’était bien passé.

— Oui, merci, et toi ?

— Ça a été. Tu veux qu’on sorte et qu’on aille au préau ?

Le préau était l’endroit où l’on vendait des sandwichs et des boissons dans l’établissement, et où l’on pouvait s’asseoir pour manger. J’acceptai sans hésiter.

Nous sortîmes de la classe et, à ce moment-là, il me prit la main. Je me surpris à penser que j’aimais sa présence, tout en me répétant qu’il ne fallait pas non plus se précipiter. Arrivés au préau, nous commandâmes nos sandwichs et, au moment de payer, il insista pour tout régler. Cela me fit vraiment plaisir, je trouvai ce geste très mignon.

Nous mangions tout en faisant connaissance. Il avait 18 ans et moi 16. Il était en terminale A1 et moi en première B. Il était l’aîné de sa famille, tout comme moi. Nos familles vivaient toutes les deux à Libreville. Il était très à l’aise pendant nos échanges, alors que moi j’étais plutôt timide. À un moment, il me dit qu’il me trouvait belle, et je souris, un peu gênée.

La récréation terminée, c’était l’heure du dernier cours de la journée. Nous nous dirigeâmes vers nos salles de classe, toujours main dans la main. Arrivés devant nos portes, il me dit :

— On rentre ensemble après les cours ?

— Oui, je t’attendrai.

Chacun entra alors dans sa salle.

13h30, la fin des cours. Je rangeais mes affaires quand je le vis déjà devant la porte, en train de m’attendre. Je me dépêchai de le rejoindre. Nous prîmes le chemin de l’internat, main dans la main, en riant. Arrivés devant l’internat des garçons, il m’embrassa sur la bouche et me dit :

— À demain.

— À demain, répondis-je.

J’étais surexcitée. Je ne saurais vraiment décrire ce que j’ai ressenti à ce moment-là. Je continuai mon chemin jusqu’à l’internat et, quand les filles arrivèrent, elles me bombardèrent de questions :

— Raconte-nous ! Comment c’était ? Qu’est-ce que vous vous êtes dit ? Vous êtes en couple ?

Je répondis oui, et elles se mirent à crier. Byo sauta de joie en disant :

— Je le savais !

Plus les jours passaient, plus nous nous rapprochions. L’envie d’être toujours ensemble devenait de plus en plus forte, et nous ne manquions jamais une occasion de nous voir.

Décembre arriva, annonçant bientôt les vacances. Il me demanda si nous pourrions nous voir à Libreville, puisque nous devions tous les deux passer les fêtes de fin d’année en famille. Je lui expliquai alors qu’à Libreville, je ne sortais pas seule. J’avais des parents très stricts, et je ne pensais donc pas que nous pourrions nous voir. Je lui dis que, si ce n’était pas possible, nous nous reverrions en janvier, le jour de la rentrée.

À la façon dont il me regarda, je compris qu’il n’était pas vraiment satisfait de ma réponse. Mais je ne pouvais pas faire autrement.

Le jour de mon départ pour Libreville arriva. Je n’ai pas pu lui dire au revoir, et je m’en veux encore un peu. Mais je ne pouvais pas non plus aller à l’internat des garçons et demander après lui : cela aurait paru étrange, et nous ne voulions ni de problèmes ni que nos parents soient alertés.

Je pris la route, laissant derrière moi la vie de l’internat… et même Michel. Pendant ces vacances, je ne pensai pas souvent à lui. Nous n’avions aucun contact, car je n’avais pas de téléphone. Et à ce moment-là, je me posais beaucoup de questions : si je l’aimais vraiment, ne devrais-je pas penser à lui tout le temps ? Ne devrais-je pas ressentir un manque profond ?

Mais ce ne fut pas le cas.

Je profitais simplement de ma famille.

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