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RIEN QUE NOUS DEUX

Author: carineo8obame
last update Last Updated: 2026-02-01 19:56:00

Lundi 7 janvier 2019, c’était la rentrée des classes.

Il faut savoir que je suis revenue à l’internat la veille. J’étais triste de laisser ma famille. Je ressentais aussi une boule au ventre : j’avais peur, mais j’étais impatiente de le revoir après ce long silence.

Nous sommes donc lundi matin, 8h30, lever des couleurs. Je regardais dans tous les sens, mais je ne le vis pas. Je suis rentrée dans ma salle de classe pour notre premier cours de la journée. À la première récréation, je suis restée devant la porte en espérant qu’il apparaisse… mais rien. La journée suivait son cours, aucune trace de Michel à l’horizon.

Il est 13h30, fin des cours. Je prends le chemin de l’internat quand, tout à coup, je sens la main d’une personne sur mon épaule. Je me retourne aussitôt : c’était lui, Michel. Nous étions si proches, nos regards se sont croisés. J’ai souri, et à ce moment-là j’ai reçu un baiser sur la bouche. Il me dit :

« Tu m’as manqué. »

Je lui ai répondu :

« Toi aussi. »

Mais dans ma tête, je me demandais si c’était vraiment vrai. Pourtant, j’étais très heureuse de le voir — et nous venions d’échanger notre premier baiser. Il m’a prise dans ses bras. Je lui ai dit que je l’avais cherché toute la journée. Il me répondit qu’il avait des TD et que nous n’avions pas les mêmes heures de récréation. J’ai répondu : « D’accord. » Il a pris ma main et nous avons continué notre chemin. Ce jour-là, nous avons traîné un peu plus que d’habitude.

La semaine fut magnifique. Je ne pouvais plus me passer de lui. Tout le lycée savait que nous étions ensemble, mais notre plus grande crainte était que cela arrive aux oreilles de nos supérieurs d’internat. Ce même vendredi, en nous quittant, nous avons prévu de nous voir dans la nuit. Il devait venir vers 1h ou 2h du matin pour que nous puissions passer du temps ensemble. C’était risqué, mais lui était serein : il savait comment faire. Il m’expliqua qu’il l’avait déjà fait en première année et qu’il connaissait un passage. Il me rassura.

Arrivée à l’internat, j’étais dans la cour avec les filles. Nous discutions quand je leur ai annoncé qu’il viendrait me voir cette nuit. Elles ont commencé à me taquiner. Pour elles, j’étais la plus heureuse — et c’était vrai — mais je me demandais quand même comment il allait faire pour sortir. Avait-il les clés ? Et si le frère l’attrapait ? J’étais impatiente, mais aussi inquiète.

À 00h30, je reçois un message : « J’arrive. » À ce moment-là, j’étais surexcitée : il venait vraiment.

Je ne vous l’avais pas dit : à mon retour de vacances, mes parents m’avaient offert un téléphone pour Noël.

Quarante-cinq minutes plus tard, il était derrière notre dortoir. Je suis sortie, mais je ne connaissais pas le chemin. Byo a décidé de m’accompagner. Pour aller derrière le bâtiment, il fallait passer par un filet où les internes, bien avant nous, avaient déjà créé un passage pour sortir discrètement. Nous avons traversé… il était bien là, en train de m’attendre.

Byo le salua puis nous laissa seuls. Il me prit dans ses bras. Il faut savoir que je n’étais pas du tout sereine : il n’y avait aucune lumière, seulement celle de la lune pour nous éclairer. J’avais peur qu’un serpent sorte de je ne sais où pour nous mordre. Il tenta de me rassurer, mais je peux vous assurer que cela ne me rassurait absolument pas. Alors je lui dis :

« Tu sais, on peut aller dans l’une des salles de classe. »

À l’internat, il y avait des salles de classe pour le primaire qui n’étaient jamais fermées. De plus, à ce moment-là, notre supérieure n’était pas présente. Nous, les internes, étions un peu livrés à nous-mêmes, et c’était moi la responsable : celle qui avait les clés de tout l’établissement. Il me répondit :

« Je te suis. »

Nous quittâmes cet endroit qui m’effrayait et arrivâmes dans l’une des salles de classe. Il s’assit sur une table, et moi je restai debout entre ses jambes. Nous profitions de l’instant, échangeant des câlins et des bisous. Il n’hésitait pas à me rappeler à quel point je lui avais manqué, mais moi, je ne disais rien.

Puis, tout à coup, le silence. Nous profitions simplement du moment. Je peux vous rassurer : rien ne s’est passé cette nuit-là. Même si, au fond de moi, j’en voulais peut-être plus, il a été un vrai gentleman. Et de mon côté, je ne lui ai jamais fait part de mes envies.

Il était trois heures du matin. Il me prit une dernière fois dans ses bras, m’embrassa sur le front et me dit au revoir. Je lui répondis au revoir.

Je suis restée un moment à contempler les étoiles, à penser à ce que je venais de vivre, car je ne l’avais jamais vécu auparavant. Tout à coup, une pensée traversa mon esprit : n’était-ce pas trop rapide ? Je ne l’aime pas encore. Alors pourquoi ressentais-je autant d’émotions ?

Je rentrai dans le dortoir. Je m’allongeai dans mon lit pendant que les filles dormaient, et un sentiment de peur et d’inquiétude envahit mon esprit.

Était-il bien rentré ? L’avait-on attrapé ?

Je regardais mon téléphone toutes les minutes, jusqu’à ce que je reçoive ce message :

« Je suis bien rentré. Bisous, je t’aime. »

C’était le premier « je t’aime » que je recevais de sa part. Mais que répondre ? Je ne savais pas. Alors j’ai simplement répondu :

« Moi aussi. Bisous. »

Après l’envoi de ce message, j’ai eu l’impression d’avoir gâché quelque chose. Je ne sais pas quoi exactement, mais cela ne m’empêcha pas de m’endormir.

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