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Un amour impossible
Un amour impossible
작가: carineo8obame

LA RENTRÉE ET NOTRE PREMIÈRE RENCONTRE

작가: carineo8obame
last update 최신 업데이트: 2026-01-28 21:06:00

La rentrée scolaire marque souvent un nouveau départ. Pour moi, celle de septembre 2018 allait bien au-delà d’un simple retour en classe. Elle représentait une rupture, une première séparation, et sans que je le sache encore, le commencement d’une histoire qui allait profondément me marquer.

Je m’appelle Chambaire. Cette année-là, je faisais mes premiers pas en internat. Une expérience inconnue, intimidante, mais aussi pleine de promesses.

Michel, lui, connaissait déjà cette vie. Il avait commencé sa rentrée plus tôt que moi, le 10 septembre, tandis que je débutais la mienne le 24 septembre 2018.

Nous étions tous les deux internes, mais dans deux établissements différents.

Moi, j’étais à l’internat chez les sœurs à Angone.

Michel était à l’internat des frères, situé à environ trois cents mètres du nôtre. Une distance dérisoire en apparence, mais qui, à l’époque, nous séparait comme deux mondes distincts.

C’était ma première année loin de mes parents. Les premiers jours furent difficiles : apprendre à vivre en communauté, s’adapter à de nouvelles règles, partager l’espace, le silence et parfois la solitude. Peu à peu, j’ai appris à trouver ma place, à m’habituer aux visages inconnus et à ce quotidien rythmé par les cours, les prières et la vie en collectivité.

Michel, quant à lui, entamait déjà sa deuxième année à l’internat. Nous ne nous connaissions pas encore. À vrai dire, je ne savais même pas qu’il existait. Et pourtant, nos chemins allaient finir par se croiser.

Plusieurs jours, puis plusieurs semaines se sont écoulés. Les cours suivaient leur cours, et j’apprenais à vivre cette nouvelle réalité. Puis un jour, nous avons dû nous rendre à l’internat des frères pour saluer le frère Willy, leur supérieur. Nous étions neuf internes ce jour-là, dont Byo, Jeanine… et moi.

Arrivées chez les frères, nous nous sommes mises à cogner à la porte. Il sortit, se mit à discuter avec nous et à faire connaissance avec les nouvelles internes. Puis, les internes de chez les frères sortirent pour voir qui était là et demander au frère s’ils pouvaient regarder le match. C’est là que je vis pour la première fois les internes de l’internat des garçons. Après avoir échangé avec le frère, nous sommes rentrées à l’internat pour la messe du soir.

Les semaines passèrent. Nous étions déjà au mois de novembre. C’était un mardi, à la sortie des cours. Je me dirigeais vers l’internat quand, tout à coup, j’entendis une voix :

« Chambaire, Chambaire ».

Je me retournai, c’était Byo. Je me suis mise à l’attendre afin que nous puissions rentrer ensemble.

Nous continuâmes notre chemin. Byo me dit :

« Chambaire, il y a un garçon de chez les frères qui t’a remarquée et il m’a demandé de venir te parler. »

Je l’écoutais attentivement. Elle continua :

« Il t’a vue la dernière fois que nous sommes allées chez les frères. »

Pendant qu’elle parlait, je me demandais qui cela pouvait bien être. N’ayant aucune idée, je finis par lui demander :

« Qui est-ce ? »

Elle me répondit :

« Michel. »

Mais à quoi ressemblait ce Michel ? Je n’avais sûrement pas fait attention. Elle essaya alors de me le décrire : il était un peu grand et portait un survêtement gris. Pourtant, je n’avais aucune image de cette personne en tête.

Tout à coup, je dis à Byo :

« Mais pourquoi il t’envoie ? Qu’il vienne me le dire lui-même. »

Elle me répondit :

« D’accord, je vais le lui dire. »

Et nous continuâmes notre trajet.

Chaque jour, Byo argumentait en sa faveur pour que ma réponse, le jour où nous devions nous voir, soit favorable. Elle l’aimait bien, trouvait que c’était quelqu’un de bien. Mais moi, je ne le connaissais pas, donc je ne pouvais pas savoir si tout ce qu’elle disait à son égard était vrai. Puis elle finit par ajouter :

« Il est beau. »

À cet instant précis, vous pouvez imaginer à quel point j’étais curieuse : curieuse de voir à quoi il ressemblait, curieuse de découvrir s’il pouvait vraiment me correspondre. Pour Byo, il était évident que c’était lui.

Plus les jours passaient, plus je pensais à lui. Chaque matin, en me rendant à l’école, j’espérais secrètement qu’il trouve enfin le courage de venir me parler. J’avais besoin de savoir. De mettre un visage sur ce prénom. Mais les jours passaient… et rien.

Puis arriva ce jour-là.

Il était 13 heures. Les cours venaient de s’achever et nous nous dirigions vers l’internat. Devant le portail de l’école, j’aperçus Byo. Je m’avançai vers elle, mais elle n’était pas seule. À ses côtés se tenait un garçon.

Je lui demandai naturellement :

« Tu as fini les cours ? On rentre ? »

Elle sourit, puis me dit calmement :

« Oui… mais voici Michel. Je vous laisse discuter. Je suis juste devant si besoin. »

Et là…

Plus rien.

J’avais perdu tous mes moyens. Comment pouvait-elle me laisser seule avec lui comme ça ? Qu’allions-nous nous dire ? Mon cœur battait trop vite, mes pensées s’emmêlaient.

Soudain, une main se tendit vers moi.

« Bonjour, Chambaire. »

Sans vraiment réfléchir, je lui tendis la mienne.

« Bonjour… Michel, c’est ça ? »

Il sourit.

« Oui. On avance ensemble ? »

J’acceptai d’un signe de tête.

Nous marchâmes côte à côte en direction de nos internats. Le silence dura quelques secondes, puis il parla :

« C’est moi qui ai demandé à Byo de venir te parler. Je ne te vois jamais à l’école. »

Surprise, je répondis :

« Comment ça ? Pourtant je suis toujours là. Je ne traîne juste pas dans la cour. »

Il me regarda, puis dit doucement :

« Tu me plais. Je t’ai aperçue chez le frère, et depuis ce jour-là, je pense à toi. »

Ses mots me troublèrent. J’étais flattée, bien sûr, mais surtout captivée par sa beauté, ses lèvres, sa façon de parler. Pourtant, je me retins. Au fond de moi, je savais déjà ce que j’allais répondre.

Je lui dis alors :

« Comment peux-tu penser à quelqu’un que tu ne connais pas ? Moi aussi je pensais à toi… sans même savoir à quoi tu ressemblais. »

Il sourit, un peu gêné.

« Je ne sais pas… veux-tu être ma copine ? »

Mon cœur manqua un battement. C’était trop rapide. Ne voulait-il pas prendre le temps de me connaître ?

Alors je répondis calmement :

« Laisse-moi le temps de réfléchir. Je donnerai ma réponse à Byo, elle te la transmettra. »

Nous arrivâmes devant son internat. Il me fit un signe de la main.

« Au revoir. »

« Au revoir », répondis-je.

Je repris mon chemin, l’esprit ailleurs. Je repensais à cette conversation, à son regard, à ses lèvres… et à cette étrange sensation qui venait de naître en moi.

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