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LE PREMIER JE T’AIME

Aвтор: carineo8obame
last update publish date: 2026-02-02 21:18:03

C’était le week-end. Je pensais à lui toute la journée du samedi. J’avais hâte d’être à dimanche, car nous nous verrions à la messe. Oui, étant internes, nous avions l’obligation d’y assister. Je voulais savoir si cette soirée avait changé quelque chose, si ma réponse à son message l’avait dérangé. Durant toute la journée, nous n’avons échangé ni message ni appel.

Dimanche matin, jour de messe, je me préparais. Est-ce que je me faisais belle pour moi ou pour lui ? Je ne sais absolument pas, mais une chose est sûre : je m’étais faite belle. Je portais une jolie robe bleue, des ballerines, et j’ai pris le temps de bien coiffer mes cheveux courts. Oui, je ne vous l’ai pas dit : à l’internat, nous devions avoir les cheveux coupés, comme le règlement l’exigeait.

L’heure arriva. Les cloches retentirent et nous nous rendîmes à la messe. Elle fut belle. À la sortie, je demandai à Byo si elle avait vu Michel. Elle me dit :

« Viens. »

Les internes de chez les frères se tenaient près de l’entrée de notre internat. Nous nous sommes tous salués, et oui, il était là. Nous nous sommes salués, il me demanda comment j’allais, et je fis de même. Puis il finit par me dire :

« Je t’appelle ce soir. »

Nous nous sommes quittés aussitôt, car nous ne devions pas attirer l’attention. Je suis repartie à l’internat.

J’avais hâte d’être au soir et de savoir ce qu’il allait me dire durant cet appel. J’en ai parlé aux filles ; elles me rassuraient en me disant que ce n’était sûrement rien de grave. Peut-être voulait-il simplement discuter, puisque nous n’avions pas échangé de la journée de samedi. Peut-être était-il occupé. Peu à peu, je me sentais plus apaisée.

Le soir arriva. J’attendais toujours cet appel. Je me rendis au réfectoire pour dîner quand, soudain, mon téléphone sonna. Je me dirigeai vers un endroit calme, près de la chapelle. Je décrochai. En entendant sa voix au bout du fil, je me mis à sourire. Nous avons échangé, reparlé de notre soirée, rigolé. Puis, de vive voix, il me dit cette même phrase qu’il m’avait envoyée par message :

« Je t’aime. »

Sans m’en rendre compte, je répondis :

« Je t’aime aussi. »

Après l’avoir dit, je me sentais à la fois soulagée et heureuse. Un court silence s’installa. Puis je lui dis que j’allais manger et que nous nous écririons si cela lui convenait. Il me répondit :

« D’accord. Bisous, bébé. »

Il était 22h. Je lui ai envoyé un message pour lui demander ce qu’il faisait. Il me répondit dans la minute qui suivit :

« Rien, je suis allongé et je pense à toi. »

Je lui répondis :

« Moi aussi, je pense à toi. »

Nous avons échangé jusqu’à minuit, sachant que nous avions cours le lendemain. Puis nous nous sommes quittés en nous disant que nous nous aimions et en nous souhaitant une bonne nuit.

Les semaines passèrent, et nos sentiments devenaient de plus en plus grands. À vrai dire, je me demandais chaque jour si c’était réellement de l’amour, car j’étais consciente que, dès que les cours s’achèveraient et que les grandes vacances commenceraient, cette relation ne pourrait sans doute pas continuer. Pourtant, cela ne m’empêcha pas de vivre chaque instant à fond : de lui dire ce que je ressentais, de parler de notre avenir. Lui, après son bac, devait partir en France, et moi aussi. C’était le souhait de mes parents. Il était très intelligent, tout comme moi. Il était le meilleur de sa classe, et moi, parfois, parmi les trois meilleures de la mienne.

Deux fois par semaine, nous nous voyions tard dans la nuit. Au lycée, nous avions pris l’habitude de rester dans sa salle de classe après les cours, juste pour parler, sans rentrer immédiatement à l’internat. J’aimais sa présence, et il aimait la mienne.

Malgré le fait que j’étais en couple, cela ne freinait pas certains garçons qui continuaient à m’approcher pour me draguer. Mais lui avait une totale confiance en moi et savait que je ferais ce qu’il fallait pour les repousser.

Il me parlait de plus en plus de ses parents, qui étaient tous les deux dans la gendarmerie, et moi, je lui parlais aussi des miens : de mon père, maître d’hôtel du président, et de ma mère, très investie dans ses nombreux business.

J’ai oublié de préciser qu’il avait aussi ses frères à l’internat avec lui : l’un de ses frères jumeaux et son petit frère. J’avais tissé des liens avec son jumeau, Alexandre, que tout le monde appelait Alex. Lui était amoureux de l’une de mes filles à l’internat. Oui, à l’internat, chaque grande avait des filles. Moi, j’en avais trois. Je n’étais pourtant pas grande, mais j’étais parmi les trois filles qui était au déjà au lycée : j’étais en première et j’avais 16 ans. Mes filles s’appelaient Noella, Rebecca et Merveille.

Pour en revenir à lui, il ne manquait jamais une occasion de me rappeler qu’il m’aimait, et moi non plus. J’en arrivais à ne plus pouvoir me passer de lui.

À force de passer autant de temps ensemble, ce que nous redoutions finit par arriver : notre relation parvint aux oreilles de nos tuteurs. Nous faisions tout pour ne rien confirmer ni attirer davantage l’attention, mais pour moi, ce n’était pas facile. Je ne savais pas mentir. Et, de toute évidence, le frère responsable de l’internat de Michel l’avait déjà compris.

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