ログインAmelia devient blanche. Je la vois blêmir sous la lumière de la lune, ses joues perdent leur couleur, ses lèvres deviennent grises, ses yeux s'écarquillent.
— Tu es sûr ?
— J'ai vu son visage. J'ai vu son sourire. Je l'ai vu, Amelia. Il était là. Il savait. Il savait ce qui allait arriver.
— James, écoute-moi. C'était un cauchemar. Un flashback. Ton cerveau mélange les souv
JamesLa nuit est tombée depuis longtemps. La maison est silencieuse, endormie, comme retenant son souffle. Les couloirs sont vides, les portes closes, les ombres dansent sur les murs éclairés par la lune. Un craquement par-ci, un murmure par-là , mais ce ne sont que les fantômes de la vieille demeure, les souvenirs des Harrington qui hantent les pierres depuis des générations.Mais moi, je ne dors pas.Je suis allongé dans le lit, les yeux grands ouverts dans le noir, à regarder le plafond. Mes bras sont croisés derrière ma tête, mes muscles sont tendus, ma mâchoire est serrée. J'écoute les craquements du bois, les battements de mon cœur, sa respiration.Amelia dort à côté de moi. Sa tête est posée sur mon épaule, ses cheveux bruns sont étalés sur ma poitrine, sa main repose sur mo
Mais ses larmes sont différentes. Elles ne viennent pas du cœur. Elles viennent de la peur. La peur de se retrouver sans rien. La peur de perdre sa vie de luxe. La peur de retourner à la misère.Je le vois. Je le sens. Je le sais.Mais je ne dis rien.---NathanielJe suis dans mon bureau.La porte est fermée. Les rideaux sont tirés. La lumière est éteinte.J'ai tout entendu. Les sirènes, les cris, les pleurs.C'est moi. C'est moi qui ai appelé la police. C'est moi qui ai envoyé les preuves. C'est moi qui ai fait arrêter son père.Les comptes, les transferts, les documents falsifiés. Tout était vrai, bien sûr. Le père d'Amelia n'était pas innocent. Il avait vraiment fraudé, escroqué, blanchit. Mais sans moi, sans mes preuves, sans mes dénonciations, personne ne l'au
AmeliaLa matinée est calme.Trop calme.Le soleil est haut dans le ciel, la mer est plate comme un miroir, les oiseaux chantent dans les arbres. La lumière est dorée, chaude, paresseuse. On dirait un tableau, une carte postale, un rêve éveillé.Je suis dans la bibliothèque, à lire. Un roman, une histoire d'amour, une histoire triste. Les mots défilent sous mes yeux, mais je ne les vois pas. Mon esprit est ailleurs. Avec James. Avec Clara. Avec tout ce qui ne va pas.Les sirènes retentissent.Je lève la tête. Le bruit est lointain d'abord, puis il se rapproche, se rapproche, se rapproche. Il déchire le silence, transperce les murs, entre dans ma tête comme un couteau.Je me lève. Mes jambes sont molles. Mes mains tremblent. Je vais à la fenêtre.Des voitures de police. Trois. Quatre. Cinq. Elles se ga
Quelque chose cloche. Quelque chose a changé. Quelque chose s'est passé pendant notre absence. Je ne sais pas quoi, mais je le sens. Je le sens dans ma chair, dans mes os, dans mon ventre.— Tu as vu sa tête ? dis-je à James.— Oui.— Tu crois qu'il s'est passé quelque chose ?— Je ne sais pas. Mais je vais surveiller. Je vais poser des questions. Je vais trouver ce qui se trame.Il me prend par la taille. Ses bras sont forts, ses mains sont chaudes. Il me serre contre lui, comme pour me protéger, comme pour me dire que quoi qu'il arrive, il est là.— Ne t'inquiète pas. Je suis là.Je pose ma tête sur son épaule. Son odeur, son souffle, son cœur qui bat.— Je sais. C'est pour ça que je ne m'inquiète pas.Mais je mens. Je m'inquiète. Je m'inquiète beaucoup.-
Elle ne répond pas. Son visage se ferme. Ses mâchoires se serrent. Ses poings se crispent sur les accoudoirs.— Je ne me ridiculise pas.— Si. Tu te ridiculises. Tu te ridiculises chaque fois que tu le regardes, chaque fois que tu traînes devant son bureau, chaque fois que tu essaies d'attirer son attention. Mais c'est pas grave. Tant que tu m'aides, tant que tu fais ce que je dis, je m'en fiche. Je m'en fiche que tu te ridiculises. Je m'en fiche que tu perdes ta dignité. Je m'en fiche que tu deviennes une ombre, une ombre de celle que tu étais.Je vais vers elle. Je pose ma main sur son épaule. Sa peau est froide. Elle ne se dégage pas. Elle ne bronche pas. Elle reste là, immobile, comme une statue.— On va gagner, Eleanor. James va souffrir. Amelia va souffrir. Ils vont tous souffrir. Et toi, tu auras ce que tu veux.— Qu'est-ce que je veux, selon toi ?— J
Nathaniel.La porte s'ouvre sans qu'on frappe.Eleanor entre. Elle est vêtue d'une robe de chambre en soie noire, ses cheveux blonds sont défaits, tombent en cascade sur ses épaules, son visage est fermé, ses yeux sont durs. Elle nous regarde, Clara et moi, assis trop près l'un de l'autre, et ses yeux s'attardent sur nos cuisses qui se touchent presque, sur nos visages penchés l'un vers l'autre, sur l'intimité de la scène.— Je ne vous dérange pas ? Sa voix est glaciale.— Non. Entre. Ferme la porte.Elle obéit. Le bruit de la porte qui se ferme résonne dans la pièce. Elle s'appuie contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine, son regard qui passe de Clara à moi, de moi à Clara.— Qu'est-ce que vous tramez ?— On parle d'Amelia, dis-je. De ce qu'on va faire d'elle. De ce qu'on va faire subir







