تسجيل الدخولJe vois dans le rétroviseur la voiture des gardes du corps s'arrêter brutalement derrière nous, les portières s'ouvrir à la volée. Mais avant qu'ils aient pu intervenir, une seconde camionnette noire surgit derrière eux, les bloque complètement, les prend en tenaille. Des coups de feu éclatent, secs et terrifiants. Je ne sais pas qui tire, je ne sais pas qui est touché. Tout se passe trop vite, dans un chaos assourdissant de bruit et de fureur. Amelia se débat comme une lionne, griffe, mord, donne des coups de pied. Mais les hommes sont trop forts, trop nombreux. Ils l'extraient de la voiture sans ménagement, la jettent sans cérémonie dans la camionnette noire comme un vulgaire paquet. Elle crie mon nom, encore et encore , Clara ! Clara, aide-moi, je t'en supplie ! et ce cri me transperce le cœur comme une lame chauffée à blanc. Je fais semblant de me débattre, de vouloir m'interposer courageusement. Un des hommes me repo
Son visage s'illumine d'un soulagement presque excessif. — Génial ! Je t'attends en bas, dans le petit salon. Prends tout ton temps, nous ne sommes pas pressées. Elle sort en refermant doucement la porte. Je me lève, me dirige vers la salle de bain attenante. Je choisis une tenue confortable et élégante — un pantalon de lin blanc, un chemisier de soie crème, des ballerines souples. Rien de trop sophistiqué, juste de quoi être à l'aise et jolie. Je ne sais pas encore que je viens de signer mon arrêt de mort. Ou pire que la mort. Je ne sais pas que ma sœur, ma propre sœur, celle que j'ai protégée toute notre enfance misérable, vient de me vendre à un fou. Clara La voiture file sur la route de campagne, bordée de platanes centenaires dont les branches entrelacées forment une voûte de verdure au-dessus de nos têtes. Je suis au volant de ma décapotable r
Je m'écarte légèrement, plonge mes yeux dans les siens, cherche à y lire une vérité qu'elle ne me dirait pas. — Si quoi que ce soit t'inquiète, le moindre détail, la plus petite anomalie, tu m'appelles. Immédiatement. Jour et nuit. Je laisserai mon téléphone allumé. — Promis. Je t'appellerai si j'ai peur. Je l'embrasse. Un baiser long, profond, désespéré presque, qui voudrait lui dire tout ce que les mots ne peuvent pas exprimer. Ma peur panique de la perdre. Mon amour pour elle, immense et dévorant. Ma détermination farouche à la protéger, quoi qu'il m'en coûte. — Je t'aime, Amelia. Plus que tout. — Je t'aime, James. Reviens-moi vite. Je ne supporte pas d'être loin de toi. Je la lâche à regret, prends ma mallette, franchis la porte massive. Sur le perron de pierre, je me retourne une dernière fois. Elle est là, dans l'encad
Elle recule, heurte le mur de verre sale derrière elle. Ses yeux sont écarquillés, pleins d'une horreur pure et animale. — Tu avais dit que tu renonçais. Tu avais promis, Nathaniel. Tu m'avais juré que tout était fini. — J'ai menti, Clara. C'est ce que je fais de mieux dans la vie. Mentir, manipuler, attendre patiemment mon heure. Tu devrais le savoir, maintenant, après tout ce temps passé à mon service. — Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas te livrer ma sœur, pas de cette façon. C'est au-dessus de mes forces. Je m'approche d'elle, tout près, trop près, jusqu'à ce que mon visage soit à quelques centimètres du sien. Je sens son souffle court et haletant, je vois la terreur pure dans ses yeux dilatés, je perçois les battements affolés de son cœur comme un petit animal pris au piège. — Tu n'as pas le choix, Clara. Tu es allée beaucoup trop loin pou
Nathaniel La fête était une torture. Une longue, interminable, atroce torture. Rester debout toute la nuit, adossé à cette colonne de marbre froid comme une statue de sel, à la regarder tournoyer dans les bras de mon frère. La voir rire, la voir danser, la voir être belle, être désirable, être heureuse. La voir lui sourire, à lui, ce sourire éclatant et lumineux qui aurait dû être pour moi, qui m'était destiné, qu'il m'a volé comme il a volé tout le reste. Sentir la rage monter en moi, vague après vague, comme une marée noire et empoisonnée, et ne rien pouvoir faire d'autre que serrer les poings jusqu'à ce que les ongles s'enfoncent dans mes paumes et que le sang perle. Mais cette nuit de supplice n'a pas été vaine. Elle a servi à quelque chose. Elle a renforcé ma détermination, l'a trempée comme on trempe une lame d'acier dans le feu et l'eau glacée. Elle a affûté ma haine comme on affûte une lame sur une pi
Il défait les attaches délicates de mes chaussures à talons vertigineux, les laisse tomber sur le tapis épais avec un bruit mat et sourd. Ses pouces massent la plante de mes pieds endoloris par toute une nuit de danse, et je gémis de plaisir, un son qui s'échappe de mes lèvres sans que je puisse le retenir. — Continue, murmuré-je, la voix déjà rauque. Ne t'arrête pas. Il continue. Ses mains remontent le long de mes jambes avec une lenteur délibérée, savante, qui me rend folle. Il défait une à une les jarretelles de soie, fait glisser mes bas le long de mes cuisses, dévoilant ma peau nue centimètre par centimètre. Chaque parcelle de peau révélée est une promesse muette. Sa bouche suit le chemin de ses mains, dépose des baisers légers, à peine effleurés, sur mes chevilles, mes mollets, l'intérieur si sensible de mes genoux, le dessus de mes cuisses. Sa barbe naissante râpe doucement ma peau, ajoutant à
Après le dîner, nous rentrons dans le salon.La musique est douce, une mélodie lente que je ne connais pas. James me prend dans ses bras.— Danse avec moi, murmure-t-il.Je pose ma tête sur son épaule. Ses mains sont dans m
Je me réveille en hurlant.Amelia est là, penchée sur moi, ses mains sur mon visage, ses doigts sur mes joues. Son visage est blanc, ses yeux pleins de larmes. Elle tremble. Je sens ses mains trembler.— James, qu'est-ce qui se passe ? Tu as crié, t
Je le regarde droit dans les yeux. Mes yeux sont clairs, calmes, sûrs.— C'est vous qui décidez. Vous pouvez inventer un nom. Un responsable fictif. Un employé, un sous-traitant, n'importe qui. Je veux juste qu'il croie que son accident n'en é
NathanielLe soleil se lève à peine sur la propriété quand je sors de ma chambre.La lumière est blanche, laiteuse, encore timide. Elle glisse sur les murs de pierre, caresse les vitraux du couloir, se pose sur les tableaux de famille







