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CHAPITRE 165 — Le chemin du retour

مؤلف: N.Emma
last update تاريخ النشر: 2026-11-04 10:45:29

POV Nikolai

Je le lui dis avant.

C'est un petit exploit, et personne ne le remarquera. Il est une heure moins le quart, dans la cour du monastère, sous un ciel de plomb, et je tiens ma femme par les deux mains, face à face, entre deux voitures noires qui attendent avec leurs moteurs ronronnants. Elle porte un manteau de laine gris, une échar

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  • Vendu au parrain de Moscou    CHAPITRE 166 — L' aiguille

    POV AlimaJe ne pense pas. Je sais.C'est ainsi que je raconterai plus tard ces trois minutes, à Vassilievitch, à Nazarova, à moi-même : je n'ai rien décidé. Mes mains ont agi à ma place, avec cette précision froide que j'ai acquise un à un, dans les couloirs des urgences, devant les corps étendus sur les brancards, quand une voix me disait trente secondes, Vetrova. Il y avait en moi une petite salle blanche, silencieuse, où chaque geste se rangeait à sa place. Je n'avais pas peur. J'avais seulement besoin d'aller très vite.Je regarde sa poitrine.Un orifice d'entrée, sous la clav

  • Vendu au parrain de Moscou    CHAPITRE 165 — Le chemin du retour

    POV NikolaiJe le lui dis avant.C'est un petit exploit, et personne ne le remarquera. Il est une heure moins le quart, dans la cour du monastère, sous un ciel de plomb, et je tiens ma femme par les deux mains, face à face, entre deux voitures noires qui attendent avec leurs moteurs ronronnants. Elle porte un manteau de laine gris, une écharpe de ma mère, ses cheveux rassemblés dans un chignon sévère. Elle a les yeux rougis de veilles et de larmes. Elle m'écoute sans bouger.— Grigori a repéré deux véhicules à la bifurcation de Vladimir. Je ne sais pas ce qu'ils attendent. Je pense qu'ils nous attendent.— Tu veux que nous attendions ?

  • Vendu au parrain de Moscou    CHAPITRE 164 — Sœur marfa

    POV NikolaiElle meurt pendant les matines.Je ne le sais pas tout de suite. J'entends le chant des sœurs, très pur, très lent, qui monte à travers les murs de l'infirmerie, une psalmodie qui roule sous les voûtes comme une rivière souterraine. Les cierges tremblent. Mon bras est ankylosé, pris sous la tête de ma mère. Je ne le retire pas. Elle dort, appuyée contre mon épaule, comme elle s'endormait autrefois sur la banquette d'un train.Elle a parlé, à cinq heures. Longuement. Des choses qui ne se répètent pas. Elle m'a parlé de la maison de la rue Ostojenka, des pommes rangées sur le rebord de la fenêtre, de la façon dont mon père plaçait sa tasse sur la table de c

  • Vendu au parrain de Moscou    CHAPITRE 163 — La premiere nuit

    POV AlimaNous passons la journée au chevet de sa mère, et c'est la plus belle journée de ma vie.Je sais que ce n'est pas une chose qu'on dit. On dit : le plus beau jour, et on pense au mariage, à la robe, au chant des sœurs, à la neige sur les coupoles. Mais le mariage, c'était ce matin, il y a mille ans. Maintenant, c'est un après-midi de lumière basse dans une cellule chauffée à blanc, où une femme dort, la respiration ténue, la main de son fils dans la sienne. Nikolai n'a pas bougé depuis midi. Il est assis sur une chaise de bois, penché en avant, les coudes sur le bord du lit, et il la regarde dormir comme on regarde un feu qu'on ne veut pas laisser s'éteindre.Je prends son pouls toutes les heures. Quarante-huit. Cinquante-deux. Quarante-quatre. Elle respire par petites bouffées, à fleur de poitrine. Je ne dis rien. Je note, sur un bout de papier, les chiffres. Il ne me demande pas de les lui lire. Il sait.Mes parents sont allés dormir à l'hôtellerie. Sonia ronfle doucement da

  • Vendu au parrain de Moscou    CHAPITRE 162 — Le mariage de Souzdal

    POV NikolaiJe ne l'ai pas vue entrer. J'ai vu la lumière changer.C'est ainsi que ma mémoire garde l'instant, avec une exactitude de lame : la chapelle, d'abord, tout entière drapée dans cette lueur d'or tremblante qui est celle des cierges quand les voix se taisent. L'iconostase de bois sombre, aux icônes fumées par les siècles, où des visages de saints me regardent sans me juger. Les sœurs, rangées de part et d'autre, voilées de noir, leurs lèvres immobiles. Au centre, devant le lutrin où repose l'Évangile, le père Anatoli, quatre-vingts ans, la barbe blanche, la chasuble d'argent. Et soudain, au fond de la nef, dans l'embrasure de la porte, une clarté plus blanche que les autres, qui avance.Ell

  • Vendu au parrain de Moscou    CHAPITRE 161 — Les couronnes

    POV AlimaLa robe est trop longue, et c'est une sœur de quatre-vingts ans qui la raccourcit en cinq minutes, à genoux sur le dallage, une aiguille entre les dents.Il est cinq heures et demie du matin. La tempête a cessé d'un coup, comme coupée au couteau, et le silence qu'elle a laissé derrière elle est d'une épaisseur de neige. Dans la cellule de l'hôtellerie où l'on m'a conduite, une lampe à huile éclaire un lit étroit, une table, un miroir fêlé, et cette étoffe blanche étalée sur la couverture grise. Du lin épais, tissé à la main, brodé au col et aux poignets d'un fil bleu, de petits motifs de blé et d'oiseaux que je regarde sans pouvoir les nommer.

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