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Chapitre 3 : La nuit 3

작가: Lumièrelle
last update 게시일: 2026-09-28 18:41:35

Alors je fais le pas qu'il n'ose pas faire.

Je me hisse sur la pointe des pieds, j'attrape le col de sa chemise à deux mains, et je l'attire à moi.

Notre baiser n'a rien de doux. Il est affamé, maladroit, salé de pluie et de désir retenu. Il grogne contre ma bouche, un son grave qui me traverse jusqu'aux genoux, qui fait vibrer quelque chose de primal au creux de mes reins. Ses mains se lèvent, hésitent, se posent sur mes épaules comme pour me repousser. Puis elles glissent, malgré lui, le long de mon dos, s'arrêtent au creux de mes reins, me plaquent contre lui. Je sens chaque centimètre de son corps contre le mien : la dureté de sa poitrine, la chaleur de son ventre, et plus bas, contre ma hanche, l'évidence de son désir. Il bande contre moi, dur et chaud à travers le tissu de son jean, et cette sensation m'arrache un gémissement que je ne retiens pas.

— Mateo, je souffle contre ses lèvres.

Mon dos rencontre le mur. Le choc me coupe le souffle, mais je m'en fiche. Je m'accroche à lui comme si ma vie en dépendait. Le rouleau de papier tombe de la table, roule sur le sol, personne ne le ramasse. Ses mains cherchent, apprennent, découvrent. Elles glissent le long de mes flancs, remontent sur mes côtes, s'arrêtent juste sous ma poitrine. Je sens ses doigts trembler contre le tissu humide. Il attend. Même maintenant, même dans ce moment de folie, il attend.

Je prends sa main et je la pose sur mon sein.

Il gémit contre ma bouche. Un son bas, brisé, presque douloureux. Sa paume épouse la forme de ma poitrine, son pouce trouve mon téton à travers le tissu trempé, et le frottement du tissu humide contre ma peau sensible m'arrache un halètement. J'arque mon dos, presse mon bassin contre le sien, et il répond par un mouvement de hanches instinctif qui nous arrache à tous les deux un soupir.

— On ne devrait pas, murmure-t-il contre mon cou.

Mais sa bouche ne s'arrête pas. Ses lèvres tracent un chemin brûlant le long de ma jugulaire, s'arrêtent à la naissance de mon épaule, mordent doucement la peau tendue. Je frissonne. Mes doigts s'enfoncent dans ses cheveux, tirent, le retiennent.

— Alors arrête-moi.

Il rit, un rire brisé, sans joie, et son front vient se poser contre le mien. Nos souffles se mêlent, chauds, saccadés. Je vois la sueur perler à sa tempe. Je vois ses pupilles dilatées, presque noires, qui mangent l'iris brun. Je vois la lutte dans son regard, et je sais qu'il est en train de perdre.

— Je ne peux pas.

C'est tout ce que j'ai besoin d'entendre.

Il m'embrasse à nouveau, plus profondément cette fois, sa langue trouve la mienne, explore, goûte, revendique. Ses mains deviennent plus audacieuses, plus sûres. Elles remontent sous ma robe, le long de mes cuisses nues, s'arrêtent à la naissance de mes hanches. Je sens ses doigts sur ma peau, sur le bord de ma culotte, et mon corps tout entier se cambre vers lui, affamé, impatient.

— La chambre, je souffle contre ses lèvres.

Il ne répond pas avec des mots. Il glisse ses mains sous mes cuisses, me soulève, et je noue mes jambes autour de sa taille. Nous traversons l'appartement dans un enchevêtrement de bras et de souffles, en nous cognant aux meubles, en nous embrassant à chaque pas. Il me porte comme si je ne pesais rien, comme si j'étais faite de verre et de feu à la fois. Je sens sa force, la façon dont ses muscles roulent sous sa peau, la façon dont ses doigts s'enfoncent dans la chair tendre de mes cuisses.

Dans la chambre, une lampe est restée allumée, une lumière ambrée qui dessine des ombres douces sur les murs. Il m'assoit sur le bord du lit et s'agenouille devant moi, comme s'il ne pouvait pas me toucher autrement qu'avec une sorte de respect désespéré. Ses yeux remontent le long de mes jambes, s'attardent sur mes cuisses, sur l'ourlet de ma robe qui remonte dangereusement haut, sur ma poitrine qui se soulève au rythme de ma respiration saccadée.

Ses doigts effleurent les bretelles de ma robe. Ils tremblent. Il lève les yeux vers moi.

— Dis-moi que tu es sûre.

— Je n'ai jamais été aussi sûre de quoi que ce soit.

Alors il fait glisser les bretelles le long de mes épaules. Le tissu tombe, dévoile ma poitrine, et j'entends sa respiration se bloquer. Ses yeux s'attardent, brûlants, affamés. Sa main se lève, hésite, puis sa paume se pose sur ma peau nue. Le contact me fait gémir. Sa main est chaude, calleuse, et le contraste avec ma peau froide et humide m'arrache un frisson.

— Tu es belle, murmure-t-il. Tu es tellement belle.

Il se penche, pose ses lèvres sur ma clavicule, descend lentement, très lentement, en traçant un chemin de baisers le long de ma poitrine. Quand sa bouche trouve mon téton, je cambre le dos, enfonce mes doigts dans ses cheveux, tire. Il gémit contre ma peau, et la vibration me traverse comme une décharge électrique.

Je le tire par les épaules, l'oblige à se relever, à me faire face. Je déboutonne sa chemise, mes doigts maladroits qui tremblent sur les petits boutons. Je veux le voir. Je veux toucher. Je veux sentir sa peau contre la mienne. La chemise s'ouvre, dévoile sa poitrine, ses épaules larges, la ligne de ses abdominaux qui se dessine sous la peau dorée. Je pose mes mains à plat sur son torse, sens son cœur qui cogne sous mes paumes, la chaleur de sa peau, la façon dont ses muscles se contractent sous mon toucher.

Il m'embrasse à nouveau, et cette fois nous tombons ensemble sur le lit. Le matelas s'enfonce sous notre poids. Nos jambes s'entremêlent. Je sens son poids sur moi, sa chaleur, son désir pressé contre ma cuisse. Il se redresse sur les coudes, me regarde, et dans la lumière ambrée, ses yeux brillent comme deux braises.

— Dis-moi que tu es sûre, répète-t-il.

— Je suis sûre.

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