LOGINLe Meilleur Ami de Mon Frère Elle a fui pour l'oublier. Six ans plus tard, il est prêt à tout détruire pour la retrouver. À 18 ans, Valentina Ruiz décide de séduire Mateo Ferreyra, 28 ans, le meilleur ami de son frère Santiago. Mateo feint de ne rien voir, jusqu'à une nuit qui change tout. Quelques semaines plus tard, Valentina découvre qu'elle est enceinte. Santiago, fou de rage, exige le nom du père. Valentina refuse et lui fait jurer de garder le secret. Puis elle apprend que Mateo sort avec Camila. Le cœur brisé, elle quitte Buenos Aires pour Córdoba : nouveau travail, nouvelle vie, aucun mot à Mateo. Six ans plus tard, Valentina est mariée à Julián, mère du petit Thiago. Mateo est lui aussi marié à Camila, mais leur couple s'éteint dans le silence. Quand leurs chemins se recroisent, l'attirance est intacte. Cette fois, Mateo ne fait plus semblant : il est décidé à la reconquérir. Il ignore que la femme qu'il veut reprendre cache un enfant qui a ses yeux. Fait une couverture bien claire : Auteure Lumièrelle
View MoreMateoLa porte de l'immeuble se referme derrière moi avec ce bruit sourd que je connais depuis quinze ans, le même claquement métallique qui marque la fin de toutes les nuits où je suis monté chez Valentina sans jamais vraiment monter, ces nuits où je restais une heure, deux heures, assis sur le bord d'une chaise comme un invité qu'on n'a pas invité à rester, à parler de choses ordinaires en évitant soigneusement toutes les autres. La rue est vide, ou presque, un chien qui fouille dans un sac poubelle éventré, la lueur orange d'un lampadaire qui clignote à intervalles irréguliers, l'air qui sent la pluie proche sans qu'une goutte soit tombée, cette odeur de fer et de poussière mouillée qui monte du fleuve certains soirs et qui vous colle à la peau. Je la vois. Elle est à une demi-rue, la silhouette que je reconnaîtrais entre mille, le dos droit, le pas rapide, ce pas à elle de quand elle compte les pas pour ne pas compter autre chose, ce pas que je lui ai vu adopter toutes les fois où
CamilaJe ne suis pas bête. Je veux que ce soit dit, quelque part, une fois : je ne suis pas bête.Je suis une femme qui plie ses serviettes en triangle et qui range ses affaires par couleur, alors les gens croient que je vois le monde à travers du coton repassé. C'est l'inverse. C'est parce que je vois tout que je plie. C'est parce que tout menace, toujours, de se déranger, que je passe ma vie à ranger.Ce que j'ai vu, ce soir-là, a duré deux secondes. Deux secondes, à peine, entre la fin du gâteau et le mate.Valentina racontait quelque chose, une histoire drôle, tout le monde riait, et Mateo l'a regardée. Pas un regard de beau-frère. Pas un regard d'ami de la famille. Un regard d'homme qui regarde l'endroit où il habite vraiment, au fond de lui, un regard de quelqu'un qui ouvre sa propre porte. Deux secondes. Puis il a baissé les yeux vers la calebasse, et elle a ri plus fort, une fraction de seconde trop fort, et personne n'a rien vu, et moi j'ai vu.J'ai vu parce que je regarde c
MateoSantiago m'a coincé dans le couloir, entre la salle de bains et la cuisine, son verre à la main, son bras sur mon épaule, et son haleine de bon vin, et je savais que ce moment viendrait, je l'attendais comme on attend le dentiste.— Alors.— Alors quoi.— Alors, Mateo. Trois mois. Tu me caches une femme pendant trois mois. À moi. On a partagé une chambre, des chaussures, un pneu crevé sur la General Paz, tu te souviens du pneu, et tu me caches une femme.— Je ne cachais rien. Je vérifiais.— Vérifiais quoi ?— Que ce soit vrai.Il m'a regardé. Il a ce regard, Santiago, un regard d'avocat qui n'a jamais tout à fait quitté le tribunal, et pendant une seconde j'ai cru qu'il allait voir. Qu'il allait lire la façade fissurée, les caves inondées, toute la structure. Puis il a ri, et le moment est passé, comme ils passent tous, comme je les laisse tous passer.— Tu es le seul homme du monde qui vérifie l'amour comme un devis, il a dit. Ma grand-mère disait : celui qui teste le lit avan
ValentinaIl y a quatre fourchettes, six verres, huit couteaux, deux saladiers, une carafe.Je compte. C'est ce que je fais quand le monde menace de se déformer, je compte ce qui ne ment pas, les objets, les marches, les carreaux, tout ce qui reste à sa place quand les gens, eux, changent de trajectoire sans prévenir.Ma compagne depuis trois mois.Trois mois. J'ai fait le calcul tout de suite, on fait toujours le calcul, c'est un réflexe de victime, et le calcul disait : la nuit, sa nuque sous mes doigts, c'était une erreur, tout ça tenait à l'intérieur de ses trois mois. Je n'étais pas une révélation. J'étais un écart. On m'a comptée dans la catégorie des accidents, et elle, elle est dans la catégorie des projets, avec son gâteau et sa robe crème et ses mains qui tremblent quand elle croit que personne ne voit.Je vois, moi. Je vois tout. C'est mon talent et ma punition.Elle est gentille. C'est le pire, vous savez. Le pire aurait été une pimbêche, une arrogante, une femme qu'on peu






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