홈 / Romance / le meilleur ami de mon frère / Chapitre 9 : Les marches

공유

Chapitre 9 : Les marches

작가: Lumièrelle
last update 게시일: 2026-09-28 18:46:45

Valentina

Je ne m'effondre pas tout de suite. C'est ce dont je suis le plus fière, plus tard, quand j'y repense. Je referme sa porte doucement, sans la claquer, et je m'engage dans l'escalier avec la tête haute et le dos droit, comme si j'avais rendez-vous quelque part, comme si toute cette scène n'avait été qu'une petite contrariété de la matinée.

Une marche. Deux. Trois.

Je compte à voix basse, comme toujours. Le rythme m'accroche à quelque chose de solide. Quatre. Cinq. Six. L'escalier est v
이 작품을 무료로 읽으실 수 있습니다
QR 코드를 스캔하여 앱을 다운로드하세요
잠긴 챕터

최신 챕터

  • le meilleur ami de mon frère    Chapitre 28 — Dehors

    MateoLa porte de l'immeuble se referme derrière moi avec ce bruit sourd que je connais depuis quinze ans, le même claquement métallique qui marque la fin de toutes les nuits où je suis monté chez Valentina sans jamais vraiment monter, ces nuits où je restais une heure, deux heures, assis sur le bord d'une chaise comme un invité qu'on n'a pas invité à rester, à parler de choses ordinaires en évitant soigneusement toutes les autres. La rue est vide, ou presque, un chien qui fouille dans un sac poubelle éventré, la lueur orange d'un lampadaire qui clignote à intervalles irréguliers, l'air qui sent la pluie proche sans qu'une goutte soit tombée, cette odeur de fer et de poussière mouillée qui monte du fleuve certains soirs et qui vous colle à la peau. Je la vois. Elle est à une demi-rue, la silhouette que je reconnaîtrais entre mille, le dos droit, le pas rapide, ce pas à elle de quand elle compte les pas pour ne pas compter autre chose, ce pas que je lui ai vu adopter toutes les fois où

  • le meilleur ami de mon frère    Chapitre 27 — La serviette

    CamilaJe ne suis pas bête. Je veux que ce soit dit, quelque part, une fois : je ne suis pas bête.Je suis une femme qui plie ses serviettes en triangle et qui range ses affaires par couleur, alors les gens croient que je vois le monde à travers du coton repassé. C'est l'inverse. C'est parce que je vois tout que je plie. C'est parce que tout menace, toujours, de se déranger, que je passe ma vie à ranger.Ce que j'ai vu, ce soir-là, a duré deux secondes. Deux secondes, à peine, entre la fin du gâteau et le mate.Valentina racontait quelque chose, une histoire drôle, tout le monde riait, et Mateo l'a regardée. Pas un regard de beau-frère. Pas un regard d'ami de la famille. Un regard d'homme qui regarde l'endroit où il habite vraiment, au fond de lui, un regard de quelqu'un qui ouvre sa propre porte. Deux secondes. Puis il a baissé les yeux vers la calebasse, et elle a ri plus fort, une fraction de seconde trop fort, et personne n'a rien vu, et moi j'ai vu.J'ai vu parce que je regarde c

  • le meilleur ami de mon frère    Chapitre 26 — La montre joyeuse

    MateoSantiago m'a coincé dans le couloir, entre la salle de bains et la cuisine, son verre à la main, son bras sur mon épaule, et son haleine de bon vin, et je savais que ce moment viendrait, je l'attendais comme on attend le dentiste.— Alors.— Alors quoi.— Alors, Mateo. Trois mois. Tu me caches une femme pendant trois mois. À moi. On a partagé une chambre, des chaussures, un pneu crevé sur la General Paz, tu te souviens du pneu, et tu me caches une femme.— Je ne cachais rien. Je vérifiais.— Vérifiais quoi ?— Que ce soit vrai.Il m'a regardé. Il a ce regard, Santiago, un regard d'avocat qui n'a jamais tout à fait quitté le tribunal, et pendant une seconde j'ai cru qu'il allait voir. Qu'il allait lire la façade fissurée, les caves inondées, toute la structure. Puis il a ri, et le moment est passé, comme ils passent tous, comme je les laisse tous passer.— Tu es le seul homme du monde qui vérifie l'amour comme un devis, il a dit. Ma grand-mère disait : celui qui teste le lit avan

  • le meilleur ami de mon frère    Chapitre 25 — Les fourchettes

    ValentinaIl y a quatre fourchettes, six verres, huit couteaux, deux saladiers, une carafe.Je compte. C'est ce que je fais quand le monde menace de se déformer, je compte ce qui ne ment pas, les objets, les marches, les carreaux, tout ce qui reste à sa place quand les gens, eux, changent de trajectoire sans prévenir.Ma compagne depuis trois mois.Trois mois. J'ai fait le calcul tout de suite, on fait toujours le calcul, c'est un réflexe de victime, et le calcul disait : la nuit, sa nuque sous mes doigts, c'était une erreur, tout ça tenait à l'intérieur de ses trois mois. Je n'étais pas une révélation. J'étais un écart. On m'a comptée dans la catégorie des accidents, et elle, elle est dans la catégorie des projets, avec son gâteau et sa robe crème et ses mains qui tremblent quand elle croit que personne ne voit.Je vois, moi. Je vois tout. C'est mon talent et ma punition.Elle est gentille. C'est le pire, vous savez. Le pire aurait été une pimbêche, une arrogante, une femme qu'on peu

  • le meilleur ami de mon frère    Chapitre 24 — Silence de table

    MateoIl y a un moment, dans chaque catastrophe, où l'on peut encore tout arrêter. Un train peut encore freiner. Un incendie peut être éteint à la pédale. Je connais ce moment, je l'ai vu passer devant moi dans le couloir de Rosa, entre la porte et la table, cinq mètres de céramique que j'ai traversés comme on traverse un pont qui s'effondre, en sachant, en sachant, et en avançant quand même.— Voici Camila, j'ai dit. Ma compagne. Depuis trois mois.Le silence.Je connais les silences de cette maison comme je connais mes plans. Le silence joyeux d'avant le repas. Le silence rond de la sieste. Le silence électrique des disputes de Santiago. Celui-là, je ne l'avais jamais entendu. Il a duré trois secondes, peut-être quatre, et il contenait tout.Rosa, la première, parce que Rosa est toujours la première, parce qu'une mère est un pompier qui court vers le feu.— Trois mois ! Et tu nous la cachais, cet ange ? Assieds-toi, mi vida, assieds-toi là, à côté de moi, Mateo tu l'as fait asseoir

  • le meilleur ami de mon frère    Chapitre 23 — Le gâteau

    CamilaJ'ai mis deux heures à choisir cette robe. Deux heures, et je veux que quelqu'un le sache, une fois, parce que personne ne le saura jamais, et que ça méritait mieux que ça, ces deux heures.La bleue était trop sévère. La noire, trop veuve. La rouge, hors de question, la rouge c'est un drapeau, et je ne suis pas une femme à drapeaux, je suis une femme à serviettes pliées et à listes, et je le sais, et ce soir-là je le savais plus que jamais. J'ai fini par la crème, celle avec les petites manches, celle qui dit : je suis douce, je suis sérieuse, vous pouvez me confier votre fils, votre frère, votre trésor.Le gâteau, je l'ai fait trois fois. Non. Je l'ai fait deux fois, la première pâte a raté, ou plutôt elle n'a pas raté, elle était très bien, mais pas assez bien pour la mère de l'homme que j'aime, alors je l'ai donnée à la voisine et j'ai recommencé à minuit, en pleurant un peu sur le chocolat fondu, sans savoir pourquoi je pleurais, enfin si, je savais. Je savais depuis le déb

더보기
좋은 소설을 무료로 찾아 읽어보세요
GoodNovel 앱에서 수많은 인기 소설을 무료로 즐기세요! 마음에 드는 작품을 다운로드하고, 언제 어디서나 편하게 읽을 수 있습니다
앱에서 작품을 무료로 읽어보세요
앱에서 읽으려면 QR 코드를 스캔하세요.
DMCA.com Protection Status