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chapitre 3

Penulis: Heart flower
last update Tanggal publikasi: 2026-02-05 14:00:15

L'après-midi passa dans un brouillard. Robert était physiquement présent en cours, mais son esprit était ailleurs. Il revivait chaque seconde de sa conversation avec William. Le son de sa voix. L'intensité de son regard. La proximité de leurs corps sur le rebord de la fontaine.

*C'était réel.*

Ces mots résonnaient en boucle dans sa tête.

« Lambert ! »

Robert sursauta violemment. Le professeur Moreau le fixait avec agacement.

« Vous daignerez nous rejoindre ou vous préférez continuer à rêvasser ? »

Des rires étouffés s'élevèrent dans l'amphithéâtre. Robert sentit ses joues s'embraser.

« Pardon, professeur. »

« Je disais donc, pouvez-vous nous expliquer le principe de la responsabilité civile délictuelle ? »

Normalement, Robert aurait pu réciter la réponse les yeux fermés. Mais là, son esprit était complètement vide.

« Je... euh... »

Le professeur Moreau soupira bruyamment.

« Monsieur Garnier, peut-être pourrez-vous éclairer notre ami Lambert qui semble avoir oublié tout ce qu'il a appris ? »

L'humiliation brûla les joues de Robert tandis qu'un autre étudiant récitait la réponse. Lui, Robert Lambert, premier de la classe, venait de se faire ridiculiser devant tout l'amphi.

À la fin du cours, Maxime le rattrapa dans le couloir.

« Mec, qu'est-ce qui se passe avec toi aujourd'hui ? T'es complètement à l'ouest. »

« Je sais. Désolé. J'ai juste... beaucoup de choses en tête. »

« Quel genre de choses ? » Maxime le scrutait avec inquiétude. « C'est à cause du dîner chez les Beaumont hier soir ? Ton père te met la pression pour Élise ? »

Robert ricana amèrement.

« Entre autres. »

« T'as pas l'air emballé. »

« Perspicace. »

Maxime hésita, puis :

« Tu sais que tu peux me parler, non ? Si t'as un problème, ou... »

« Je sais. Merci. » Robert posa une main sur l'épaule de son ami. « Mais ça va. Vraiment. Je suis juste fatigué. »

Mensonge. Il n'avait jamais été aussi éveillé de sa vie.

✿*:・゚

Le retour à la maison fut pénible. Robert redoutait l'affrontement avec son père après son comportement du matin. Mais à son arrivée, seule sa mère était là, préparant le dîner dans la cuisine.

« Bonsoir, mon chéri. Ton père travaille tard ce soir. »

Le soulagement de Robert fut palpable.

« D'accord. Je monte travailler. »

« Robert, attends. »

Il se figea dans l'escalier. Sa mère s'approcha, essuyant ses mains sur son tablier, l'air inhabituellement sérieux.

« Je voulais te parler de ce matin. De ta réaction au petit-déjeuner. »

« Maman, je suis désolé, j'étais juste... »

« Non, laisse-moi finir. » Elle prit une grande inspiration. « Je sais que ton père peut être... exigeant. Et je sais que nous avons des attentes pour toi. Mais Robert, si tu es vraiment malheureux, si Élise n'est pas celle que tu veux... »

L'espoir flamba dans la poitrine de Robert.

« Maman... »

« ...alors peut-être devrais-tu prendre le temps de mieux la connaître avant de décider. » Elle lui sourit, complètement à côté de la plaque. « Je sais qu'elle peut sembler un peu guindée au premier abord, mais elle est vraiment adorable quand on apprend à la connaître. Et elle vient d'une si bonne famille. »

L'espoir s'éteignit aussi vite qu'il était né.

« Oui, maman. »

« Bien. » Elle lui tapota la joue. « Monte te reposer. Tu as l'air épuisé. »

Robert monta dans sa chambre et ferma la porte, s'y adossant. Il regarda autour de lui les murs beiges, les meubles conventionnels, les livres de droit alignés avec précision.

Cette chambre était une prison. Cette maison était une prison. Sa vie entière était une prison.

Et pour la première fois, il avait entrevu la clé.

Il s'assit à son bureau, ouvrit son ordinateur portable pour travailler, mais ses doigts restèrent immobiles sur le clavier. Au lieu de ça, il se surprit à taper "William Mercier musicien" dans G****e.

Plusieurs résultats apparurent. Une page F******k avec quelques photos William sur scène, William avec sa guitare, William entouré de son groupe. Robert cliqua dessus, son cœur battant stupidement vite.

Il y avait des vidéos. Des enregistrements de concerts dans de petits bars, dans la rue. Robert mit ses écouteurs et cliqua sur l'une d'elles.

La voix de William emplit ses oreilles, rauque et passionnée. À l'écran, il jouait dans ce qui semblait être un bar miteux, les lumières basses créant des ombres sur son visage. Il avait les yeux fermés, perdu dans sa musique, exactement comme aujourd'hui.

Robert regarda la vidéo jusqu'au bout. Puis une autre. Et encore une autre.

Il était minuit passé quand il réalisa qu'il n'avait pas touché à ses devoirs, n'avait pas révisé, n'avait rien fait d'autre que de regarder des vidéos de William pendant des heures.

*Je deviens fou.*

Mais même en pensant cela, il ne pouvait pas s'arrêter de sourire.

✿*:・゚

Cette nuit-là, Robert rêva.

Il se trouvait sur une scène, les lumières aveuglantes pointées sur lui. Dans le public, des milliers de visages attendaient. Sa famille. Élise. Les Beaumont. Ses professeurs. Tous le regardaient avec expectative.

Et puis, depuis les coulisses, résonna une guitare.

Robert se retourna. William était là, dans l'ombre, jouant cette même chanson mélancolique. Il lui tendait la main.

« Viens. »

Robert regarda la main tendue. Puis le public. Puis de nouveau William.

« Je ne peux pas. »

« Tu peux. Tu dois juste choisir. »

Robert fit un pas vers lui. Les murmures scandalisés s'élevèrent du public.

Un autre pas.

Les murmures devinrent des cris.

Encore un pas.

« ROBERT ! » La voix de son père tonna. « REVIENS ICI IMMÉDIATEMENT ! »

Mais William était là, sa main toujours tendue, ses yeux gris-vert brillants de promesses.

« Viens. Sois libre. »

Robert courut.

Il attrapa la main de William et ensemble ils s'envolèrent de la scène, laissant derrière eux le chaos, les cris, les attentes. Ils couraient à travers les rues, libres, vivants, riant comme des fous.

Et puis William s'arrêta, se retourna, et l'embrassa.

Robert se réveilla en sursaut, le cœur battant à tout rompre, le corps en sueur. L'aube commençait à peine à pointer à travers ses rideaux.

Il porta une main à ses lèvres, encore sous le choc du rêve. C'était si réel. Si intense.

Si effrayant.

Parce que maintenant, il ne pouvait plus se mentir à lui-même. Il ne pouvait plus prétendre que ce qu'il ressentait n'était que de l'admiration pour la musique de William, ou de la curiosité pour son mode de vie différent.

Non.

Ce qu'il ressentait était bien plus dangereux. Et dans quelques heures, il le reverrait.

Robert se leva, se dirigea vers sa fenêtre et regarda le soleil se lever sur Paris. La ville s'éveillait lentement, inconsciente du chaos qui régnait dans son cœur.

« Qu'est-ce que je vais faire ? » murmure a-t-il à son reflet dans la vitre.

Son reflet n'avait pas de réponse.

Mais dans quelques heures, peut-être que William en aurait une.

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