Share

chapitre 2

Author: Heart flower
last update Last Updated: 2026-02-05 13:58:06

Robert ne dormit pas cette nuit-là. Pas vraiment. Il sombrait dans un demi-sommeil agité, puis se réveillait en sursaut, le cœur battant, l'image de William gravée derrière ses paupières. À quatre heures du matin, il abandonna tout espoir de repos et resta allongé dans le noir, fixant le plafond, essayant de se raisonner.

*C'est ridicule. Tu ne le connais même pas. C'était juste... un moment. Un instant d'égarement.*

Mais son corps ne l'écoutait pas. Son pouls s'accélérait rien qu'en pensant à ce regard gris-vert, à ce sourire en coin, à cette voix qui semblait résonner encore dans ses os.

Quand son réveil sonna à six heures, Robert était déjà debout, les yeux cernés mais l'esprit étrangement clair. Il se doucha, s'habilla costume gris anthracite aujourd'hui, cravate bordeaux et descendit affronter le petit-déjeuner familial.

Sa mère lui lança un regard inquiet en le voyant.

« Tu as une mine affreuse, mon chéri. Tu couves quelque chose ? »

« Non, j'ai juste mal dormi. »

« Le dîner d'hier s'est très bien passé, » intervint son père sans lever les yeux de son journal. « Maître Beaumont m'a appelé ce matin. Il est impressionné par toi. Et Élise aussi, apparemment. »

Robert serra les dents, enfonçant son couteau dans sa tartine avec plus de force que nécessaire.

« Parfait. »

« Tu devrais l'inviter à déjeuner cette semaine. Faire plus ample connaissance. »

« Je suis très occupé avec mes révisions. »

Son père abaissa enfin son journal, le regard perçant.

« Robert. Nous ne te demandons pas grand-chose. Juste de faire un effort. Cette alliance avec les Beaumont pourrait... »

« Je sais, papa, » coupa Robert d'une voix plus sèche qu'il ne l'aurait voulu. « Tu me l'as déjà dit. Plusieurs fois. »

Un silence pesant s'abattit sur la cuisine. Sa mère échangea un regard nerveux avec son père.

« Surveille ton ton, jeune homme, » gronda ce dernier.

Robert se leva brusquement, sa chaise raclant bruyamment le carrelage.

« Je suis désolé. Je dois y aller. Je vais être en retard. »

Il attrapa son sac et sortit avant que l'un ou l'autre puisse ajouter quoi que ce soit, claquant la porte peut-être un peu trop fort derrière lui.

Dehors, l'air frais d'octobre le gifla, apaisant momentanément la rage qui bouillonnait en lui. Il s'adossa au mur de la maison, respirant profondément, les mains tremblantes.

*Qu'est-ce qui m'arrive ? Je ne me comporte jamais comme ça.*

Mais il connaissait la réponse. Quelque chose s'était réveillé en lui hier. Quelque chose qu'il avait passé des années à endormir, à enfouir, à nier. Et maintenant, c'était comme si une digue avait cédé. Toute la frustration, la colère, le ressentiment accumulés pendant vingt-trois ans menaçaient de déborder.

✿*:・゚

La matinée à l'université fut un calvaire. Robert était incapable de se concentrer. Les mots du professeur Durand n'étaient qu'un bourdonnement lointain. Ses notes, habituellement méticuleuses, n'étaient qu'un gribouillis incompréhensible. À plusieurs reprises, il surprit Maxime le regardant avec inquiétude.

« Mec, t'es sûr que ça va ? » chuchota son ami pendant que le professeur écrivait au tableau.

« Oui, oui. Juste fatigué. »

« T'as vraiment une sale tête. Tu veux qu'on aille boire un café après le cours ? »

« Non, je... j'ai quelque chose à faire à midi. »

Maxime haussa un sourcil, surpris. Robert ne « faisait » jamais rien à midi. Il déjeunait toujours à la cafétéria avec le groupe, révisant ou discutant des cours.

« Ah bon ? Quoi donc ? »

« Juste... une course. »

Robert détourna le regard, mettant fin à la conversation. Il sentait le poids du regard de Maxime sur lui, mais l'ignora.

Les deux heures suivantes s'écoulèrent avec une lenteur insoutenable. Robert ne cessait de consulter sa montre. Dix heures trente. Dix heures quarante-cinq. Onze heures. Chaque minute semblait durer une éternité.

Enfin, midi arriva.

Robert ramassa ses affaires à une vitesse qui fit sourciller plusieurs de ses camarades lui qui rangeait toujours méticuleusement chaque livre, chaque stylo et se précipita hors de l'amphithéâtre.

« Robert ! On se voit cet aprèm ? » cria Maxime dans son dos.

« Ouais ! À plus ! »

Il était déjà parti, dévalant les escaliers, traversant le campus au pas de course. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, mais ce n'était pas à cause de l'effort physique.

*Qu'est-ce que je fais ? C'est de la folie. Je devrais retourner à la cafétéria, réviser comme d'habitude, oublier tout ça.*

Mais ses pieds continuaient d'avancer, comme guidés par une volonté propre.

Il franchit les grilles de l'université, s'engouffra dans le métro, émergea dans le centre-ville. Ses pas le menèrent à travers les rues familières, puis dans le quartier bohème qu'il avait découvert la veille.

Et là, son estomac se noua.

*Et s'il n'est pas là ? Et si hier était juste... un hasard ? Il a dit qu'il venait tous les jours, mais peut-être qu'il mentait. Peut-être que...*

Il tourna le coin de la rue.

La petite place s'ouvrit devant lui, avec sa fontaine délabrée, ses cafés aux terrasses à moitié vides, ses pavés inégaux.

Et William.

Il était là, au même endroit, assis sur le rebord de la fontaine, sa guitare sur les genoux. Aujourd'hui, il portait un jean noir déchiré et un sweat à capuche gris usé, ses cheveux encore plus ébouriffés que la veille. Il ne jouait pas encore, se contentant de gratter quelques accords distraitement, les yeux perdus dans le vague.

Le soulagement qui envahit Robert fut si intense qu'il en eut le vertige. Il s'arrêta à l'entrée de la place, incertain. Devait-il s'approcher ? Faire semblant de passer par hasard ? Rester à distance et juste écouter ?

Comme s'il avait senti sa présence, William leva les yeux.

Leurs regards se croisèrent.

Un sourire lent, paresseux, étira les lèvres du musicien. Pas de surprise dans ses yeux. Plutôt... de la satisfaction ? Comme s'il s'était attendu à le voir.

William lui fit signe d'approcher d'un mouvement de tête.

Robert hésita encore une seconde sa dernière chance de fuir, de retourner dans sa vie bien ordonnée puis avança.

« Tiens, tiens, » dit William alors qu'il s'approchait. « Robert Lambert, étudiant en droit. J'avais parié avec moi-même que tu reviendrais. »

« Ah oui ? » Robert s'efforça de garder un ton détaché, mais sa voix le trahit légèrement. « Et qu'est-ce qui te rendait si sûr de toi ? »

« L'expression sur ton visage hier. » William posa sa guitare à côté de lui et se leva, glissant ses mains dans les poches de son jean. « T'avais l'air de quelqu'un qui venait d'entendre quelque chose qu'il cherchait depuis longtemps sans savoir qu'il le cherchait. »

La justesse de l'observation coupa le souffle de Robert. Comment ce parfait inconnu pouvait-il lire en lui si facilement alors que sa propre famille ne voyait rien ?

« C'est... très perspicace de ta part, » parvint-il à articuler.

« J'observe les gens. Ça fait partie du boulot. » William l'étudiait avec cette même intensité troublante. « Alors, t'es venu pour la musique ou pour autre chose ? »

La question était directe, presque provocante. Robert sentit ses joues s'embraser.

« Pour la musique. Ta musique était... elle était vraiment impressionnante. Je voulais en entendre plus. »

« Hmm. » William ne semblait pas entièrement convaincu, mais il n'insista pas. « T'as de la chance, j'ai justement préparé de nouveaux morceaux. Tu veux t'asseoir ou tu préfères rester debout comme un piquet ? »

Robert jeta un coup d'œil à sa montre. Treize heures. Il avait un cours à quatorze heures.

*Juste quelques minutes. Je peux me permettre quelques minutes.*

Il s'assit sur le rebord de la fontaine, laissant un espace respectable entre eux. William récupéra sa guitare et se réinstalla, ajustant les cordes.

« Des requêtes particulières ? »

« Je... je ne connais pas vraiment ton répertoire. »

« Alors surprise. » William lui lança un regard en coin, ce demi-sourire jouant toujours sur ses lèvres. « J'espère que t'aimes les émotions fortes, parce que je fais pas dans la chanson à l'eau de rose. »

Ses doigts se posèrent sur les cordes.

La première note résonna, grave et mélancolique. Puis la voix de William s'éleva, rauque et chargée d'une tristesse brute qui serra le cœur de Robert. C'était une chanson sur la perte, la solitude, le sentiment d'être un étranger dans sa propre vie.

Chaque mot résonnait en Robert comme si William chantait son histoire à lui.

Il observa le musicien, fasciné par la transformation qui s'opérait. Les yeux fermés, le visage tendu par l'émotion, William ne jouait pas seulement de la musique – il *était* la musique. Vulnérable, authentique, d'une beauté déchirante.

Tout ce que Robert n'avait jamais eu le courage d'être.

La chanson se termina sur une note plaintive qui flotta dans l'air quelques secondes avant de s'évanouir. William rouvrit les yeux, rencontrant immédiatement le regard de Robert.

« Alors ? » demanda-t-il doucement.

« C'était... » Robert cherchait ses mots, la gorge serrée. « C'était magnifique. Et déchirant. »

« Ouais, ben, c'est un peu ma spécialité. » William haussa les épaules, mais Robert perçut une vulnérabilité dans ce geste désinvolte. « Les chansons joyeuses, c'est pas trop mon truc. »

« Pourquoi ? »

La question lui avait échappé. William le regarda longuement, comme s'il jaugeait s'il pouvait faire confiance à cet inconnu en costume.

« Parce que la vie est pas joyeuse, » répondit-il finalement. « Du moins, pas la mienne. Alors autant être honnête, non ? »

« Je suppose. »

Un silence confortable s'installa entre eux. Autour d'eux, la vie continuait – des gens passaient, entraient et sortaient des cafés, vaquaient à leurs occupations mais ici, dans cette bulle, c'était comme si le temps s'était suspendu.

« À ton tour, » dit soudain William.

« Pardon ? »

« À ton tour d'être honnête. Pourquoi t'es vraiment revenu ? »

Robert ouvrit la bouche pour mentir, pour donner une réponse polie et convenable. Mais sous ce regard gris-vert qui semblait voir à travers lui, les mensonges mouraient sur ses lèvres.

« Je ne sais pas, » avoua-t-il, et c'était à la fois vrai et faux. « Enfin, si, je sais, mais... c'est compliqué. »

« La vie est compliquée. » William se pencha légèrement vers lui. « Mais les raisons pour lesquelles on fait les choses, elles, sont souvent très simples. Alors ? Simple version. Pourquoi t'es là ? »

Robert déglutit péniblement. Son cœur battait si fort qu'il était certain que William pouvait l'entendre.

« Parce que... quand je t'ai entendu hier, j'ai ressenti quelque chose que je n'avais jamais ressenti avant. Ou plutôt, quelque chose que je m'interdis de ressentir. Et je... je voulais savoir si c'était réel. »

Les mots étaient sortis dans un souffle précipité. Robert n'en revenait pas de sa propre audace. Jamais il n'avait été aussi transparent, aussi vulnérable avec qui que ce soit.

William ne dit rien pendant un long moment, se contentant de l'observer. Puis, lentement, son sourire s'élargit.

« C'était réel. »

Trois mots. Trois mots qui firent vaciller le monde de Robert.

« Comment tu peux en être sûr ? »

« Parce que moi aussi j'ai ressenti quelque chose hier. Quelque chose qui m'a fait me retourner et te courir après quand t'as fait tomber ton portefeuille. » William se rapprocha imperceptiblement. « Normalement, j'aurais juste crié. Mais j'avais envie de te parler. De savoir qui t'étais. »

L'air sembla manquer autour de Robert. Ils étaient si proches maintenant qu'il pouvait voir les paillettes dorées dans les yeux de William, sentir l'odeur légère de tabac et de cuir qui émanait de lui.

« William, je... »

« WILL ! »

Les deux hommes sursautèrent et s'écartèrent brusquement. Une fille venait de débouler sur la place, grande et mince, avec des cheveux roses coupés au carré et un piercing au nez. Elle portait une veste militaire sur une robe vintage et des doc martens couvertes d'autocollants.

« Will, faut qu'on y aille ! On a répète dans vingt minutes et Sébastien va péter un câble si t'es encore en retard ! »

William grimaça.

« Merde, j'avais complètement oublié. » Il se leva d'un bond, ramassant sa guitare. « Désolé Robert, faut que j'y aille. Répétition avec mon groupe. »

« Oh. Bien sûr. » Robert se leva également, s'efforçant de masquer sa déception.

La fille aux cheveux roses le remarqua pour la première fois et haussa un sourcil.

« Tiens, une nouvelle recrue ? » demanda-t-elle à William avec un sourire en coin.

« C'est Robert. Robert, voici Léa, notre batteuse et emmerdeuse officielle. »

« Enchanté, » dit Robert poliment, tendant la main.

Léa la serra avec une poigne surprenante, l'examinant de la tête aux pieds avec une curiosité non dissimulée.

« Un mec en costard qui traîne avec Will ? C'est nouveau. T'es flic ou quoi ? »

« Étudiant en droit. »

« Oh putain, c'est pire. » Mais son sourire adoucissait ses paroles. « Bon, Will, sérieux, faut bouger. »

« Ouais, ouais. » William se tourna vers Robert, et il y avait quelque chose d'hésitant dans son expression. « Tu... tu reviendras ? »

La question était simple, mais chargée d'un espoir qui fit quelque chose d'étrange à l'estomac de Robert.

« Je ne sais pas. Je... j'ai beaucoup de cours, et... »

« C'est bon, j'ai compris. » Le visage de William se ferma légèrement, et il fit mine de partir.

« Attends ! » Robert l'attrapa par le bras sans réfléchir.

Le contact électrifia l'air entre eux. William baissa les yeux vers la main de Robert sur son bras, puis releva son regard vers lui.

« Demain, » dit Robert avant de pouvoir se raviser. « Je reviendrai demain. Même heure. »

Le sourire revint, éclatant.

« Cool. J'y serai. »

« WILL ! »

« J'arrive, merde ! » William recula, mais ne rompit pas le contact visuel. « À demain, Robert Lambert. »

« À demain, William Mercier. »

William lui fit un salut moqueur et s'éloigna au pas de course, rejoignant Léa qui l'attendait au coin de la rue. Cette dernière se retourna et adressa un clin d'œil à Robert avant de disparaître.

Robert resta immobile, son cœur battant la chamade, encore sous le choc de ce qui venait de se passer.

*Qu'est-ce que je viens de faire ?*

Il venait de promettre de revenir. De s'engager dans... dans quoi exactement ? Une amitié ? Quelque chose de plus ?

*Non. Pas quelque chose de plus. C'est impossible. Je ne peux pas. Je ne dois pas.*

Mais même en se répétant ces mots, il savait qu'il ne pourrait pas rester loin. Pas maintenant. Pas après avoir goûté à cette sensation de liberté, d'authenticité, de connexion réelle avec quelqu'un.

Il consulta sa montre. Treize heures quarante-cinq. Merde. Il était vraiment en retard pour son cours.

Robert se mit à courir, son attaché-case battant contre sa jambe, totalement surréaliste dans ce quartier bohème. Mais pour une fois, il s'en fichait.

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • séduis-moi si tu l'oses    chapitre 13

    Le samedi matin, Robert se réveilla avec un message :"Tu es sûr ? Je veux pas que tu fasses ça juste parce que je t'ai mis la pression.""Je suis sûr. Je ne sais pas comment gérer les conséquences, mais je suis sûr.""OK. La soirée commence à 20h. Je t'attendrai.""J'y serai."Robert se leva, le cœur battant. Il avait toute la journée pour trouver une excuse. Pour élaborer un plan.Au petit-déjeuner, il observa ses parents. Sa mère rayonnante, son père satisfait. Ils étaient heureux parce qu'il jouait le rôle qu'ils avaient écrit pour lui.Qu'est-ce qui se passera quand j'arrêterai de jouer ?« Tu es bien silencieux ce matin, » nota sa mère. « Nerveux pour ce soir ? »« Un peu. »« C'est normal. » Elle lui tapota la main. « Élise est une fille merveilleuse. Donne-lui une chance, mon chéri. »*Elle ne veut pas une chance. Elle veut un mari sur mesure pour compléter sa vie parfaite. Com

  • séduis-moi si tu l'oses    chapitre 12

    Les jours suivants furent un exercice d'équilibrisme précaire. Robert se levait chaque matin avec un nœud dans l'estomac, enfilait son costume comme une armure, et partait affronter ses deux vies inconciliables. Le matin, il était Robert Lambert, étudiant modèle. Il arrivait en avance aux cours, participait brillamment, prenait des notes impeccables. Ses professeurs rayonnaient. Ses camarades le regardaient avec un mélange d'admiration et d'envie. L'après-midi, il devenait quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui se changeait dans les toilettes d'un café, troquant son costume contre un jean et un pull. Quelqu'un qui retrouvait William sur leur place, qui écoutait de la musique, qui riait, qui se sentait vivant. Quelqu'un qui devait rentrer avant le dîner, remettre son masque, et faire semblant que cette autre vie n'existait pas. C'était épuisant. Ce jeudi après-midi, Robert trouva William en grande conversation avec Léa et deux autres personnes qu'il ne connaissait pas une fille aux chev

  • séduis-moi si tu l'oses    chapitre 11

    - De rien. Et désolé encore pour hier. Vraiment. » Après les cours, Robert se dirigea vers la place habituelle. William était déjà là, jouant pour quelques passants. Quand il vit Robert approcher, son visage s'illumina. Il termina sa chanson rapidement, remercia son public, et rangea sa guitare. « Salut. » « Salut. » Ils se tenaient là, maladroits soudain, conscients que tout avait changé hier. « Tu veux marcher ? » proposa William. Ils déambulèrent dans les rues de Paris, sans destination précise. Robert raconta la confrontation avec son père, le marché qu'ils avaient conclu. « Donc en gros, tu dois être parfait et obéissant, et en échange tu gardes un semblant de liberté ? » résuma William, amer. « C'est plus complexe que ça. » « Non, c'est exactement ça. » William s'arrêta, se tournant vers lui. « Robert, tu te rends compte que tu négocie ta vie comme un contrat d'affaire

  • séduis-moi si tu l'oses    chapitre 10

    Robert parvint à grimper par sa fenêtre juste à temps. Il avait à peine remis sa chambre en ordre et changé de vêtements quand il entendit la voiture de son père se garer dans l'allée. Son cœur battait encore à cause du baiser. Ses lèvres picotaient du souvenir. Il porta ses doigts à sa bouche, incrédule. J'ai embrassé William. J'ai embrassé un garçon. Et c'était... On frappa à sa porte. « Robert ? Ton père est rentré. Il veut te parler. » La voix de sa mère était tendue. Robert prit une grande inspiration, ajusta son pull, et descendit affronter son destin. Son père l'attendait dans le salon, debout près de la cheminée, un verre de whisky à la main. Mauvais signe – il ne buvait jamais en semaine. « Assieds-toi. » Robert obéit, s'installant sur le canapé. Sa mère s'assit à côté

  • séduis-moi si tu l'oses    chapitre 9

    À 14h30, Robert entendit son père partir pour un rendez-vous. Sa mère était au téléphone avec une amie dans le salon. C'était maintenant ou jamais.Il enfila un jean et un pull pas question de sortir en costume aujourd'hui et ouvrit doucement sa fenêtre. Le lierre qui grimpait le long du mur de la maison était assez robuste. Il l'avait utilisé quelques fois au lycée pour rentrer tard après des soirées.Je ne peux pas croire que je fais ça.Mais il le fit. Il enjamba le rebord de la fenêtre et se laissa glisser le long du lierre, priant pour que les branches tiennent. Son pied glissa à mi-chemin et il manqua de tomber, son cœur s'arrêtant net.Mais il parvint au sol en un seul morceau.Il se faufila le long de la maison, évitant les fenêtres du salon, et s'enfuit dans la rue comme un voleur.Ce n'est qu'une fois dans le métro qu'il réalisa l'absurdité de la situation. Robert Lambert, vingt-trois ans, étudiant modèle, s'évadait de

  • séduis-moi si tu l'oses    chapitre 8

    Robert se réveilla avec une sensation étrange un mélange d'euphorie et de culpabilité qui lui nouait l'estomac. La lumière du matin filtrait à travers ses rideaux, et pendant quelques secondes bénies, il flotta dans ce demi-sommeil où la soirée d'hier semblait irréelle.Puis tout lui revint. William sur scène. La chanson. L'étreinte. Les mensonges à ses parents.Il attrapa son téléphone. Trois messages de William, envoyés entre deux et trois heures du matin :"On a fini par fermer le Panic lol. Léa est complètement bourrée et Seb essaie de la ramener chez elle. Marc ronfle déjà sur le comptoir.""Je repense à ce soir. À toi dans le public. J'avais jamais joué pour quelqu'un de spécifique avant. C'était intense.""Désolé je spam. J'suis un peu ivre. Mais tu me manques déjà. C'est con. Bonne nuit Robert."Robert relut les messages trois fois, son cœur se serrant à chaque lecture. William lui manquait aussi. Désespérément. Et c'était terrifiant.Il tapa une réponse :"Bonjour. J'espère q

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status