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chapitre 4

ผู้เขียน: Heart flower
last update วันที่เผยแพร่: 2026-02-07 03:46:05

Le cours de droit constitutionnel n'en finissait pas. Robert fixait l'horloge murale comme si la force de son regard pouvait accélérer le temps. Onze heures trente. Encore une demi-heure avant qu'il puisse s'échapper.

Il n'avait presque pas touché à son petit-déjeuner ce matin, incapable d'avaler quoi que ce soit sous le regard scrutateur de son père. Ce dernier n'avait fait aucun commentaire sur l'incident de la veille, mais son silence était éloquent. Robert connaissait cette tactique le calme avant la tempête.

« Monsieur Lambert, puisque vous semblez si fasciné par l'heure, peut-être pourriez-vous nous éclairer sur l'article 49.3 de la Constitution ? »

La voix acerbe du professeur Moreau le ramena brutalement à la réalité. Tous les regards se tournèrent vers lui. Encore.

Robert se leva mécaniquement, son cerveau passant en mode automatique celui qu'il avait perfectionné pendant des années d'excellence scolaire forcée.

« L'article 49.3 permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du gouvernement sur le vote d'un texte. Dans ce cas, le texte est considéré comme adopté sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les vingt-quatre heures suivantes... »

Il récita la réponse avec précision, mais son cœur n'y était pas. Les mots sortaient de sa bouche sans passer par sa conscience. Pendant ce temps, son esprit était ailleurs sur une place pavée, attendant qu'une certaine voix rauque s'élève.

« Très bien, » concéda le professeur avec réticence. « Asseyez-vous. »

Maxime lui donna un coup de coude discret quand il se rassit.

« Mec, t'es vraiment bizarre en ce moment. C'est quoi cette "course" que t'avais à faire hier ? »

« Rien d'important. »

« Rien d'important qui te fait arriver en retard en cours, sécher la cafét' et te faire engueuler deux jours d'affilée ? » Maxime haussa un sourcil. « Allez, crache. T'as rencontré quelqu'un ? »

Robert faillit s'étrangler.

« Quoi ? Non ! Pourquoi tu dis ça ? »

« Parce que t'as cette tête bizarre. Genre... je sais pas, t'es ailleurs. Comme si t'avais la tête dans les nuages. »

*Si seulement tu savais à quel point tu as raison. Et à quel point c'est compliqué.*

« C'est juste le stress des partiels qui arrivent. »

« Les partiels sont dans six semaines, Robert. »

« Je préfère anticiper. »

Maxime le dévisagea encore un moment, puis haussa les épaules.

« Comme tu veux. Mais si t'as besoin de parler, tu sais où me trouver. »

« Je sais. Merci. »

Onze heures quarante-cinq. Onze heures cinquante. Onze heures cinquante-cinq.

Enfin, midi sonna.

Robert rangea ses affaires avec une rapidité qui fit sourciller plusieurs de ses camarades. Il était déjà debout avant même que le professeur n'ait fini sa phrase de conclusion.

« Robert ! On va à la cafét' ? » appela quelqu'un derrière lui.

« Pas aujourd'hui ! Désolé ! »

Il était déjà dans le couloir, dévalant les escaliers, son cœur battant une chamade affolée. Ce n'était que sa troisième visite à William, et pourtant il se sentait comme un drogué en manque, désespéré d'avoir sa dose.

*C'est malsain. Je deviens obsédé. Je devrais arrêter maintenant, avant que ça n'aille trop loin.*

Mais ses pieds continuaient d'avancer, impitoyables.

Le trajet en métro lui parut durer une éternité. Robert se surprit à vérifier son reflet dans la vitre noire du tunnel ajustant sa cravate, recoiffant ses cheveux. Puis il réalisa ce qu'il faisait et se força à détourner les yeux, embarrassé.

Je me prépare pour le voir. Comme si c'était un rendez-vous.

C'en est un, non ?

*Non. C'est juste... de la curiosité. De l'intérêt pour sa musique.*

Menteur.

Quand il émergea à la station, une fine bruine tombait sur Paris. Robert n'avait pas de parapluie. Tant pis. Il se mit à marcher rapidement, puis à courir, ignorant les regards curieux des passants devant ce jeune homme en costume galopant sous la pluie.

Il tourna dans la rue familière, le cœur au bord des lèvres.

Et s'arrêta net.

La place était vide.

Pas de William sur le rebord de la fontaine. Pas de guitare. Pas de musique. Juste quelques pigeons picorant les pavés mouillés et un vieux couple abrité sous un parapluie.

La déception qui frappa Robert fut si violente qu'il en eut physiquement mal. Il s'approcha lentement de la fontaine, comme si William allait miraculeusement se matérialiser.

Mais non. Il n'était pas là.

*Bien sûr qu'il n'est pas là, crétin. Il pleut. Qui jouerait de la guitare sous la pluie ?*

Robert s'assit sur le rebord humide de la fontaine, se fichant éperdument que son pantalon de costume se trempe. Il se sentait ridiculement stupide. Qu'avait-il espéré ? Que William l'attendrait, peu importe le temps ? Qu'il était aussi important pour lui que...

« T'as pas de parapluie ? »

Robert sursauta violemment et leva les yeux.

William se tenait devant lui, tenant un parapluie noir cabossé au-dessus de sa tête. Il portait le même jean déchiré que la veille, mais un t-shirt des Ramones aujourd'hui, et sa veste en cuir. Ses cheveux étaient trempés malgré le parapluie, collant à son front.

« Je... je pensais que tu ne viendrais pas. À cause de la pluie. »

« J'allais pas venir, » admit William avec un sourire en coin. « Mais je me suis dit qu'un certain étudiant en droit trop sérieux risquait de débarquer quand même, et je voulais pas qu'il fasse le trajet pour rien. »

Quelque chose se serra dans la poitrine de Robert. William était venu. Pour lui. Malgré la pluie.

« C'est... c'est gentil. »

« Gentil ? » William ricana. « Non, c'est de la pure curiosité. Je voulais voir si t'étais assez fou pour venir par ce temps de merde. »

« Et bien, me voilà. Complètement trempé et probablement en train de ruiner un costume à 800 euros. »

« 800 euros ? » William siffla entre ses dents. « Putain, mec. Avec ça je pourrais vivre pendant deux mois. »

Un silence gêné s'installa. Robert prit soudain conscience du gouffre qui les séparait pas seulement socialement, mais dans leurs valeurs, leurs priorités, leurs mondes entiers.

« Désolé, je ne voulais pas... »

« Relax. » William s'assit à côté de lui, tenant le parapluie au-dessus d'eux deux. « C'est pas un reproche. Juste une constatation. On vient de planètes différentes, toi et moi. »

« Oui. »

« Mais bon, » William se tourna vers lui, ce regard intense qui donnait l'impression de voir directement dans l'âme de Robert, « les différences, c'est pas forcément une mauvaise chose. Parfois c'est ce qui rend les choses intéressantes. »

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