AyaLa douleur est un continent. Vaste, inconnu, implacable. Elle déferle par vagues, chacune plus haute, plus puissante que la précédère, submergeant toute pensée, tout souvenir qui n'est pas ici et maintenant. Je suis ancrée à ce lit, à cette chambre baignée de la lumière dorée d'un après-midi d'automne, aux mains qui se tendent vers moi.La main de ma mère, ferme et douce, essuie mon front avec un linge frais. Ses murmures en arabe, des mots doux et oubliés de mon enfance, me parviennent comme à travers une épaisse couche de coton. Elle est mon rivage.La main de Salvatore écrase la mienne. Sa force, habituellement si contrôlée, est à nu, brute. Il est penché près de mon visage, son souffle court, ses yeux verts agrandis par une terreur et une fascination absolues. Il répète mon nom, comme une prière, une incantation. Il est mon ancre.Entre deux vagues, je vois des fragments. Kadidia, pâle mais déterminée, apportant des bassines d'eau, échangeant un regard silencieux avec Issa, po
Última actualización : 2026-01-21 Leer más