ÉleniLes jours à l'hôpital sont étranges.Le temps s'étire, se dilate, perd ses repères. Les heures se mesurent en soins, en repas, en visites brèves des médecins. Le monde extérieur semble lointain, irréel. Seule compte cette chambre, ce lit, cet homme qui guérit lentement.Je ne le quitte presque pas. Je dors dans le fauteuil, mange ce qu'on m'apporte, vis au rythme de sa convalescence. Les gardes montent la garde dans le couloir, filtrent les visiteurs, protègent notre bulle fragile.Aujourd'hui, il va mieux. Beaucoup mieux. Il s'est assis dans le lit, a mangé seul, a même plaisanté avec l'infirmière. La couleur revient sur ses joues, la force dans ses mains. Ses yeux gris ont retrouvé leur éclat.Mais quelque chose en moi ne va pas.C'est venu progressivement, insidieusement. Une boule dans la gorge, une pression dans la poitrine, des larmes qui menacent à tout moment. La peur qui reflue laisse place à autre chose. Une émotion plus profonde, plus ancienne, plus violente.Je l'ai
آخر تحديث : 2026-05-29 اقرأ المزيد