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Chapitre 68 : L'Attentat

作者: Darkness
last update publish date: 2026-05-29 23:46:39

Éleni

Le monde explose à 14h37.

Je suis dans le salon, un livre à la main, quand la détonation déchire l'air. Le bruit est tel que je le ressens avant de l'entendre – une vague de pression qui traverse mon corps, qui fait vibrer les vitres, qui arrête mon cœur une fraction de seconde.

Puis le silence. Un silence étrange, cotonneux, comme si le monde retenait son souffle.

Et puis les cris.

Je lâche le livre. Il tombe sur le sol dans un bruit sourd que je n'entends pas vraiment. Mes jambes se met
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    ÉleniLa paix s'installe, étrangère et douce. Comme un vêtement neuf qu'on n'ose pas encore porter, qu'on touche du bout des doigts pour vérifier qu'il est bien réel.Je reprends mes études. Droit international, maritime, commercial. Je veux comprendre le monde dans lequel je vis maintenant. Je veux être utile, pas juste décorative. Léandros me soutient, fier, ému. Il lit mes cours par-dessus mon épaule, pose des questions, s'intéresse. Le gangster devenu étudiant par procuration. Ça me fait sourire.Lui, il parle de l'avenir. Du domaine à rénover, des îles à développer, des affaires à rendre légales, enfin. Des projets qui ne sont plus des plans de guerre, mais des rêves de paix. Nous parlons d'avenir pour la première fois, et c'est un vertige. Un vertige doux.Le dîner avec sa mère est un autre genre de vertige.La grande salle à manger du domaine, que je n'ai connue que vide et silencieuse, est illuminée de bougies. La table est dressée pour trois. Nappe blanche, argenterie, verres

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    ÉleniJe ne cherchais rien. Vraiment, je ne cherchais rien. Juste un pull dans l'armoire de Léandros parce que le vent s'était levé et que le domaine, même en été, garde une fraîcheur de pierre ancienne. Mes doigts touchent le tissu rêche de ses pulls, l'odeur de bois et de lui monte du linge plié, et puis je sens autre chose. Une boîte. En métal, cabossée, froide.Je n'aurais pas dû l'ouvrir. Je le sais maintenant. Je le savais déjà en soulevant le couvercle, le cœur serré par un pressentiment que je n'écoutais pas.La photo est jaunie. Cornée aux bords. Mais le visage de mon père est net, figé dans un rire que je n'avais pas vu depuis l'enfance. Ce rire, je l'avais oublié. Il pose sa main sur l'épaule d'un homme plus jeune, plus dur, que je ne connais pas. Ils ont l'air complices. Vivants. Au dos, une date — il y a vingt ans — et un nom tracé à l'encre noire, presque effacé.Léandros.Je reste debout, la photo entre les doigts, et le temps s'arrête. Mon père. Son rire. Ce nom. Dans

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