AvaL’aube napolitaine possédait une cruauté dorée que j’avais oubliée pendant mon exil dans le Nord. À travers les jalousies de marbre blanc de la salle de bains principale, la lumière filtrait, longue et acérée, découpant des rectangles de poussière lumineuse sur le sol de travertin. C’était une clarté sans concession, presque biblique, qui venait lécher les angles des moulures baroques et l’éclat froid des robinetteries de cuivre.Cela faisait trois jours. Trois jours que les roues du jet privé avaient mordu le tarmac de Capodichino dans un sifflement de pneus brûlants. Trois jours que les lourdes grilles de fer forgé du manoir De Luca. Elles m’isolaient désormais du froid scandinave, des fjords embrumés et de la folie paranoïaque, désespérée, de Michaël. Trois jours que j'étais revenue dans la cage dorée de mon prédateur, mon époux, mon Roi. Ce lieu que j'avais fui, que j'avais maudit, et qui pourtant s'imposait à mon corps comme le seul ancrage possible.Mais ce matin, le manoir
Last Updated : 2026-05-25 Read more