AnahidLa brume se retire, non pas comme un voile qu’on soulève, mais comme une marée qui se rabat soudain, laissant derrière elle une grève dévastée, nue, d’une clarté insoutenable.Je suis allongée. Le plafond est blanc. Une lumière fade, d’un après-midi qui s’étire, tombe sur moi. Il n’y a plus de murmures de dentelle, plus de parfum de fleur d’oranger fantôme. Il y a l’odeur aseptisée de l’hôpital, et une douleur. Une douleur qui n’est pas dans ma tête. Elle est plus basse, plus profonde, ancrée au crein de mon être.Ma main bouge d’elle-même, lente, lourde. Elle se pose sur mon ventre. Sous la légèreté de la chemise d’hôpital, sous ma peau, il y a une courbure. Une douce rotondité qui n’était pas là avant. Ou si. Elle y était, mais je la voyais à travers le prisme d’un rêve, je la parais de joies futures, de noms qui chantaient.Maintenant, je la sens pour ce qu’elle est : un poids. Le poids d’une vie. Le poids de l’absence.Le choc est silencieux, intérieur, total. C’est comme s
Last Updated : 2026-02-01 Read more