[POINT DE VUE : JULIAN]La scène de crime était un tableau macabre peint sous les néons crépitants d'un entrepôt désaffecté. Les gyrophares bleus et rouges découpaient la nuit, projetant des ombres dansantes sur les murs de briques sales. L'air sentait l'ozone, la pluie et cette odeur ferreuse, inoubliable, du sang frais.Je passai sous le ruban jaune POLICE LINE DO NOT CROSS, montrant mon badge au jeune officier en uniforme qui avait l'air sur le point de vomir. Le capitaine Evans m'attendait au centre de la pièce, les bras croisés, le visage sombre.Evans : Tu as mis du temps, Miller.— La circulation, mentis-je.Je ne lui dis pas que j'étais resté assis sur le sol de mon entrée pendant vingt minutes, à fixer une balle en argent gravée. Je m'approchai du corps. Ou de ce qu'il en restait.La victime était attachée à une chaise industrielle en métal, au centre d'un cercle de lumière provenant d'une lampe de chantier. Je reconnus le visage, malgré les contusions. C'était Gino. L'un des
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