ALICELe silence de l’atelier finit par devenir trop lourd, presque oppressant. Les murs semblent se rapprocher, chargés de tout ce que je viens d’y déposer — mes peurs, mes pensées, mes larmes. Je reste encore un instant immobile, les yeux perdus sur mes toiles, puis j’essuie mes joues du revers de la main avec un geste un peu brusque, comme si je voulais effacer toute trace de cette faiblesse.Une odeur me parvient alors, légère, presque timide au début… puis plus nette.Du chocolat.Je fronce légèrement les sourcils, surprise, et tends l’oreille. Des bruits étouffés montent de la cuisine. Des voix. Un éclat de rire.Morgane.Mon cœur se serre aussitôt, mais cette fois, ce n’est pas la peur. C’est autre chose. Quelque chose de doux, de vivant.Je me lève lentement, encore un peu vacillante, puis je quitte l’atelier. Chaque pas me ramène à la réalité, à la maison de Thomas, à cette vie qui continue malgré tout.En approchant de la cuisine, les voix deviennent plus distinctes.— Non,
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