ALICEC’est à ce moment-là que la porte s’ouvre de nouveau. Le professeur Harrison entre, avec ce calme imperturbable qui nous force à nous taire immédiatement, comme si son autorité seule suffisait à suspendre le temps. Il nous regarde, sentant la tension palpable qui irradie dans la pièce, une chaleur toxique. Il pose son dossier sur le bout du lit.— J’ai entendu des voix, dit-il doucement en français, avec cet accent traînant qui adoucit les mots les plus graves.Il regarde Thomas et lui serre la main. Puis, il s’approche de moi et fait la même chose. Je saisis sa main, la sienne est chaude, contrastant avec la froideur de mes propres doigts. Je me cramponne à cette main comme si c'était ma dernière bouée de sauvetage. Tout en lui serrant les doigts, je poursuis, obstinée, la voix plus assurée que je ne le pensais possible.— Professeur, je vous en prie, écoutez-moi. Je veux rentrer chez moi pour voir ma fille, juste quelques jours, avant l’opération. Est-ce que c’est possible ? U
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