Le samedi matin arriva avec une lumière blanche, presque sévère. Pas la lumière tendre des jours de répit. Plutôt celle qui entre dans une pièce comme si elle venait vérifier l’état réel des choses. Evestine l’accueillit sans résistance. Elle avait mal dormi. Pas à cause d’un cauchemar précis, ni même à cause d’un message de Canus. Cette fois, c’était plus diffus. Une fatigue du cœur. Cette lassitude particulière qui naît quand une femme commence à comprendre qu’elle avance, oui, mais en traînant encore derrière elle quelque chose qu’elle refuse de nommer complètement. À onze heures, elle retrouva Maëlle dans un café discret près de la rue du Bac. L’endroit était calme, élégant sans être mondain, avec ses tables de bois clair, ses bouquets simples et cette clientèle du matin qui parlait bas comme si la journée n’avait pas encore mérité les excès. Evestine portait une chemise blanche, un pantalon noir, les cheveux attachés. Maëlle, elle, av
آخر تحديث : 2026-04-11 اقرأ المزيد