Je glisse l'esquisse dans ma poche, sans savoir pourquoi. C'est un geste instinctif, presque honteux, comme un vol. Mais je ne peux pas la laisser là, par terre, sous les feuilles mortes. Ce serait un sacrilège.Je rentre à la villa. Je monte dans mon bureau. Je ferme la porte.Je pose l'esquisse sur ma table de travail, sous la lampe. La lumière crue accentue les contrastes, révèle des détails que je n'avais pas vus. La texture du papier, rugueuse, épaisse. Les traces de doigts, à peine visibles, dans la marge. Une petite tache, en bas à droite, comme une goutte de café.Cette femme. Cette femme devant cette porte. Pourquoi est-ce qu'elle me fascine autant ?Je la regarde pendant une heure. Deux heures. Le temps s'arrête. J'oublie mes dossiers, mes e-mails, mes coups de fil. Je ne vois plus que cette esquisse, cette femme, cette porte.Peu à peu
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