Si c'est vrai — je le mets au conditionnel dans ma tête, il faut le mettre au conditionnel, je ne sais rien encore, je peux me tromper, huit semaines de retard peuvent avoir d'autres explications — mais si c'est vrai, alors quelque chose vit en moi. Quelque chose qui n'est pas Lorenzo, qui n'est pas moi non plus, quelque chose entre les deux mais qui va devenir soi-même, autre, séparé. Quelque chose qui aura des yeux à moi peut-être, ou à lui, ou à personne. Quelque chose qui va exister sans avoir demandé à exister.Un enfant à moi.Je remarque le pronom. À moi. Pas à nous. Je n'ai pas pensé une seconde à nous. Cet enfant n'est pas à nous. Il ne le sera jamais. Lorenzo n'existe pas dans cette pensée-là. Lorenzo a été un moyen — pardonne-moi, mon amour, mon petit fantôme, pardonne-moi, tu ne devrais pas être ça, un moyen — mais dans mon ventre, tu n'es pas à lui. Tu es à moi. Tu ne seras jamais à lui parce qu'il n'a pas le droit, il n'a pas gagné le droit, il n'a pas voulu ce droit. Tu
Read More