Chapitre 99 Ximena Je vide mon sac. Les mots sortent, d’abord hésitants, puis plus forts, plus vifs, comme une digue qui cède, comme un barrage qui explose. Je parle de la première nuit, à Séville, quand il m’a dit de n’attendre rien de lui, pas d’amour, pas de tendresse. Sa voix blanche, ses mots glacés, le lit trop grand, les pétales de rose qui se froissaient sous mes doigts comme des copeaux de glace. Je parle des quatre anniversaires oubliés, des bougies que j’allumais seule, des gâteaux que je jetais à la poubelle le lendemain matin. Je parle des nuits passées seule dans le lit conjugal, à écouter les bruits de la maison, à guetter son retour, à espérer un baiser, un mot, un regard. Je parle des dîners aux chandelles que je préparais avec soin, de la
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