Chapitre 113GaelLa musique est lente. Les notes du saxophone s’élèvent, vibrantes, profondes, comme une caresse, comme un soupir. La basse roule, sourde, régulière, berce les corps qui se balancent, les robes qui tournoient, les ombres qui dansent sur les murs. La lumière des lustres est dorée, chaude, elle caresse les visages, les épaules nues, les bijoux qui scintillent.Elle est dans mes bras.Sa main est posée sur mon épaule, légère, chaude, ses doigts effleurent le tissu de ma veste. L’autre main tient la mienne, nos doigts entrelacés, paume contre paume, peau contre peau. Sa taille est fine sous ma main, la soie de sa robe glisse sous mes doigts, fluide, froide. Son parfum – tubéreuse, fleur d’oranger – monte vers moi, m’enveloppe, m’enivre.Elle a posé sa tête sur mon épaule. Ses cheveux noirs frôlent mon cou, mes tempes, mes joues. Sa respiration est douce, calme, régulière, un petit souffle chaud qui se mêle au mien. Ses cils frôlent ma peau quand elle cligne des yeux. Ses
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