Chapitre 135XimenaLa petite maison est silencieuse. La lampe sur la table de nuit est allumée, sa lumière jaune, tremblante, éclaire les murs blanchis à la chaux, les poutres en bois centenaires, les draps en coton blanc à peine froissés. L’ombre de la flamme danse sur le plafond, s’allonge, se rétracte, comme une respiration, comme un cœur qui bat. L’odeur de la cire d’abeille se mêle à celle du jasmin qui entre par la fenêtre entrouverte, à celle du bois ancien, de la lessive fraîche. La fontaine murmure dans le patio, un bruit clair, apaisant, régulier.Gael est à côté de moi, allongé sur le lit, ses mains posées sur sa poitrine, ses yeux fixés sur le plafond. Il a l’air calme, apaisé, presque serein. Les cernes sont encore là, creusés, violacés, mais ses traits sont détendus, sa bouche entrouverte, ses lèvres légèrement relevées aux coins. Les rides autour de ses yeux, celles que les nuits blanches ont gravées, semblent moins profondes. Ses tempes grisonnent, quelques mèches arg
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