Chapitre 124GaelLa nuit est profonde, silencieuse. La bougie a brûlé jusqu'au bout, sa flamme a vacillé une dernière fois avant de s'éteindre, laissant un filet de fumée grise, odorante, qui monte lentement vers le plafond, s'élève, se disperse, disparaît dans l'ombre. La cire figée forme des stalactites blanches sur le bord du verre, des larmes, des souvenirs, des promesses non tenues. La lune est haute, pleine, ronde, sa lumière blanche entre par les rideaux entrouverts, dessine des losanges argentés sur le tapis épais, sur le lit défait, sur nos mains posées côte à côte sur les draps en coton blanc.Nous sommes allongés sur le lit, habillés, sur le dessus des couvertures. Nos corps ne se touchent pas, mais nos épaules sont proches, à quelques centimètres l'une de l'autre. La chaleur de sa peau irradie, je la sens sans la toucher, une présence, une promesse. La fontaine murmure dans la cour, l'eau qui coule sur les carreaux de faïence bleue et jaune, inlassable, apaisante, rythmée
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