Chapitre 48ZelmiraIl est vingt heures passées lorsque la réunion s'achève. Les associés d'Alvise ont quitté la salle de conférence dans un bruissement de dossiers et de politesses feintes, laissant derrière eux des verres à moitié vides et une odeur de café refroidi. Je suis restée, comme toujours, pour ranger les documents, éteindre le vidéoprojecteur, remettre de l'ordre dans ce chaos feutré que les hommes d'affaires laissent dans leur sillage.Alvise n'est pas parti. Il est resté debout près de la baie vitrée, le dos tourné à la pièce, les mains dans les poches de son pantalon. La lumière de Milan illumine sa silhouette d'une lueur blafarde, et je retiens mon souffle en le regardant. Il est si beau, si loin, si inaccessible. Et pourtant si proche, à portée de main presque.— Zelmira.Son appel me fait sursauter. Il s'est retourné, il me regarde, et dans ses yeux gris il y a quelque chose que je ne lui ai jamais vu. Une hésitation, presque une fragilité.— Oui, Monsieur Nerucci ?
Zuletzt aktualisiert : 2026-05-19 Mehr lesen