Chapitre 57ZelmiraLa lumière de Milan est encore pâle, à peine une lueur grise qui filtre à travers les stores en bois de l’appartement d’Alvise. Je ne sais pas comment je suis arrivée ici. Les heures de la nuit se sont brouillées, mêlées aux souvenirs de la pluie, du sang, des points de suture que j’ai cousus dans son bras. Après l’avoir soigné sur mon canapé, après avoir veillé son sommeil, il s’est réveillé à l’aube, a insisté pour rentrer chez lui. Je l’ai accompagné, par peur qu’il ne tombe, par peur de le laisser seul.Sa villa sur la colline de San Siro est silencieuse, immense. Les murs blancs, les meubles design, les tableaux abstraits aux couleurs froides. Rien de personnel, rien de vivant. Juste de l’espace et du vide. Il s’est laissé tomber sur le canapé du salon, et je suis restée debout, hésitante, ne sachant pas si je devais m’asseoir, partir, rester.Il a posé sa main sur la mienne, doucement.— Reste, Zelmira. Ne me laisse pas seul.Alors je suis restée.La nuit est
Zuletzt aktualisiert : 2026-05-27 Mehr lesen