Les mains de Gabriel disaient tout ce que sa bouche taisait. Elles disaient : je te connais, je connais chaque centimètre de ta peau, chaque courbe, chaque creux, chaque cicatrice. Elles disaient : je te protège, n’aie pas peur, rien ne peut t’arriver quand je suis là. Elles disaient : tu es belle, même au réveil, même sans maquillage, même dans ce vieux pull trop grand qui a perdu sa forme. Elles disaient : je suis là, je suis toujours là, je ne suis pas parti, je ne partirai jamais.Elles disaient je t’aime.Pas avec des mots. Pas avec des sons articulés. Avec des pressions, des effleurements, des caresses. Avec la pulpe de ses doigts qui dessinaient sur sa peau une calligraphie secrète, un alphabet inventé rien que pour eux, un poème tactile que seule Élise savait lire.Elle avait les larmes aux yeux maintenant, sous ses paupières closes. Elle ne savait pas pourquoi elle pleurait. Rien ne s’était passé. Aucune déclaration, aucun discours, aucun genou à terre. Juste des mains sur se
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