Vittoria C'est un dimanche d'octobre. Un an a passé depuis le grenier. Elio a quatorze ans. Sofia en a huit et demi. Luca en a six et demi. Ils sont tous là, autour de la table de la salle à manger, avec Anna, Jacopo, Leonardo. Nous sommes sept. La configuration classique. Le repas dominical est notre rituel. Il a survécu à tout — aux tempêtes, aux disputes, aux mandats ministériels, aux emplois du temps impossibles. Chaque dimanche, à la villa Costa, à treize heures précises, tout le monde est là. C'est la seule règle non écrite mais absolue de notre famille. Aujourd'hui, la table est particulièrement bruyante. Sofia raconte pour la troisième fois l'histoire de son cheval imaginaire qui s'appelle Éclair et qui vit dans le jardin. Personne ne l'écoute vraiment, mais Anna hoche la tête aux bons moments, ce qui suffit à Sofia. Luca, à côté d'elle, essaie de faire une pyramide avec les morceaux de pain. Elio, à l'autre bout de la table, discute avec Leonardo d'un livre qu'il vien
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