Le soir venu, il renvoya Djibril et Kylian chez eux, prétextant qu’il avait besoin de solitude. Mais la solitude n’était pas ce qu’il lui fallait. Ce qu’il lui fallait, c’était elle. Il s’assit dans le noir, un verre de vin à la main, et repensa à tout ce qui s’était passé. À leur rencontre, à leurs disputes, à leurs réconciliations. Au centre d’accueil, à la soirée de fado, aux photos de son grand-père. Au baiser qu’ils avaient échangé, ce baiser parfait, ce baiser de reconnaissance, qu’il avait gâché par sa peur. Il repensa à ce qu’elle avait dit, avant de partir : « Je comprends. » Elle n’avait pas dit « je reviendrai ». Elle n’avait pas dit « je t’attendrai ». Juste « je comprends ». Et ce mot, ce simple mot, le hantait. Il vida son verre, le reposa sur la table. Dehors, la pluie s’était remise à tomber, fine et froide. Le silence de l’atelier était si profond qu’il en devenait oppressant. Et Raphaël, seul dans le noir, se demanda s’il n’avait pas définitivement perdu la seule f
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