L’atelier était silencieux, ou presque. Seul le bruit du papier de verre sur le bois troublait le calme du matin. Raphaël était penché sur la commode en chêne, les manches retroussées jusqu’aux coudes, les doigts gourds à force de poncer. Il travaillait depuis l’aube, sans pause, sans café, sans même allumer la radio comme il le faisait d’habitude. Il n’avait pas envie de musique. Il n’avait pas envie de voix. Il avait envie de silence. De gestes répétitifs. De quelque chose de concret qui l’empêcherait de penser. Mais le bois, aujourd’hui, ne suffisait pas. D’ordinaire, le travail était son refuge. Quand quelque chose n’allait pas, il se plongeait dans un meuble, dans une planche, dans un assemblage compliqué, et le monde extérieur disparaissait. Il n’y avait plus que le fil du bois, l’odeur de la colle, le bruit rassurant des outils. Tout devenait simple, logique, maîtrisable. Aujourd’hui, rien n’était maîtrisable. Ni le bois, ni ses pensées, ni cette femme qui s’était installée d
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