— Vous êtes ébéniste, à ce qu’on m’a dit, reprit Armel. Un métier remarquable. Le travail du bois, la patience, la précision. J’ai toujours admiré les artisans. — C’est un métier qui demande du temps, répondit Raphaël. Et de l’honnêteté. — L’honnêteté. Quelle belle qualité. Si rare de nos jours. Le sourire d’Armel s’élargit, mais ses yeux restèrent froids. Ophélie sentit un frisson lui parcourir l’échine. — Oncle Armel, dit-elle d’une voix ferme. C’est un plaisir de te voir, mais Raphaël et moi étions en train de discuter. Si tu veux, nous pouvons nous voir demain, à la Fondation. — Bien sûr, bien sûr. Je ne voudrais pas m’imposer. Il fit mine de s’éloigner, fit quelques pas sur la passerelle, puis s’arrêta, se retourna, et revint vers Ophélie avec cette démarche nonchalante qui n’appartenait qu’à lui. — Un mot, ma nièce. En privé, si tu veux bien. *** Ce n’était pas une demande. C’était un ordre. Ophélie le savait, elle le sentait au ton de sa voix, à la façon dont se
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