Et pourtant, ce soir, elle se sentait seule.Ce n’était pas une solitude douloureuse, pas celle des premiers jours après sa fuite, quand elle se réveillait la nuit en sursaut, persuadée d’entendre les pas de Gabriel dans l’escalier. Non, c’était une solitude plus douce, plus subtile, presque mélancolique. Une solitude de fin de journée, quand le travail est terminé, quand les amis sont rentrés chez eux, quand le silence retombe.Elle avait passé la journée à peindre, absorbée par une nouvelle toile, un portrait de femme aux yeux clos, le visage baigné de lumière. Elle avait travaillé sans relâche, sans voir le temps passer, portée par cette énergie créatrice qui ne la quittait plus. Et puis, en fin d’après-midi, elle avait posé ses pinceaux, et le silence l’avait enveloppée.Pas de bruit de pas dans l’escalier. Pas de voix qui l’appelait. Pas de rires, pas de conversations, pas de présence. Rien que le silence, et le vide qu’il creusait doucement.Elle pensa à Mia, qui était probablem
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