NerinaL'aube me réveille avant même que la cloche du navire ne sonne.Je suis allongée sur le lit étroit de ma cellule, les yeux ouverts dans la pénombre grise qui filtre à travers le hublot minuscule. Ma main est toujours posée contre la cloison de bois. Pendant la nuit, je l'ai laissée là, comme une ancre, comme un lien ténu avec la chaleur qui émanait de l'autre côté. Maintenant, le bois est froid. Il a retiré sa main avant le jour, ou bien c'est moi qui ai bougé dans mon sommeil sans m'en rendre compte. Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que le froid du matin s'est installé partout , dans mes doigts, dans mes pieds nus, dans le creux de mon ventre.Je m'assieds sur le bord du lit. L'étoffe de chanvre est tombée par terre pendant la nuit, et je reste un moment assise, nue, les bras croisés sur ma poitrine pour retenir un peu de chaleur. Le collier de ma mère repose au creux de ma gorge, les coquillages minuscules tiédis par ma peau. Je les touche un à un, du bout des doigts, c
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