Je ferme les yeux, je respire. L'air entre dans mes poumons, ressort, entre, ressort. Ma poitrine est oppressée, mon cœur bat trop vite, trop fort. Je voudrais pleurer, mais les larmes ne viennent pas. Elles restent coincées, dures, sèches, comme des cailloux dans ma gorge. Je me lève. Je vais à la cuisine. Je prends un torchon, je saisis un verre, je commence à l'astiquer. Astiquer les verres. C'est ma place, après tout. La place de Cendrillon. La place de l'ombre. La place de la gardienne. Le verre brille sous la lumière du plafonnier, propre, étincelant. Je le pose sur l'égouttoir, j'en prends un autre. Puis un autre. Puis un autre. Les gestes mécaniques, répétitifs, apaisants. Astiquer, frotter, faire briller. Disparaître dans le geste. Disparaître tout court. Quand tous les verres sont propres, alignés sur l'égouttoir comme des soldats de cristal, j'éteins la lumière, je monte l'escalier, j'entre dans la cham
Last Updated : 2026-07-08 Read more