Gabriel avait apporté son violon, mais il n’en joua pas. Il le posa dans un coin, contre le mur de planches, et il resta debout devant la cheminée, à regarder les flammes. Élise était assise sur la couverture, les genoux repliés sous le menton, et elle le regardait. Elle connaissait chaque ligne de son visage, chaque ombre, chaque creux. Elle connaissait la façon dont ses cheveux tombaient sur son front, la façon dont ses mains se posaient sur ses hanches quand il réfléchissait, la façon dont sa bouche esquissait un demi-sourire quand il était ému et qu’il ne voulait pas le montrer. Elle le connaissait par cœur, et pourtant, ce soir-là, il lui semblait nouveau, comme si elle le voyait pour la première fois.— À quoi tu penses ? demanda-t-elle.— À toi.— Quoi, à moi ?— À la première fois que je t’ai vue. Sur la route. Sous la pluie. Tu avais l’air d’un oiseau tombé du nid. Tu grelottais, tu avais les cheveux collés sur le front, et tu regardais le moteur comme si c’était une bête sau
Last Updated : 2026-07-13 Read more