Livia Chaque soir, quand le soleil descend derrière le Janicule et que le Palatin s'emplit d'une lumière mordorée, il vient. Pas Auguste. Felix. Je fais la différence, maintenant, je la vois, je la sens, elle est dans les épaules qui s'affaissent dès que la porte se referme, dans le laurier d'or qu'il retire et pose sur la table comme on dépose un fardeau, dans le soupir qu'il pousse, long, profond, un soupir d'homme qui rentre chez lui. Auguste reste dehors, dans la salle du trône, dans les conseils, dans les dépêches. Celui qui entre dans mes appartements, le soir, c'est Felix. Et c'est pour Felix que j'ai fait préparer le dîner. Nous dînons ensemble, chaque soir, à une petite table dressée dans le péristyle, près de la fontaine. Rien d'impérial. Je l'ai exigé. Pas d'or, pas d'argenterie ciselée, pas de mets exotiques aux noms que je ne sais pas prononcer. Du pain. Du fromage. Des olives noires, comme celles de la masure. Un pichet de vin coupé d'eau. La première fois, les servi
Última atualização : 2026-09-10 Ler mais