LiviaJe suis étendue sur la paillasse, enveloppée dans la couverture de laine, le corps encore faible, mais l'esprit plus clair. Le contre-poison a fait son œuvre, lentement, douloureusement. Les nausées ont cessé, les vertiges se sont atténués, la fièvre est tombée. Je revis, peu à peu, comme une plante qui reprend vie après une longue sécheresse, comme un oiseau qui retrouve ses forces après la tempête. Mais je ne suis pas guérie. Pas encore. Et il y a cette rage, cette rage sourde, qui me ronge de l'intérieur, qui me consume comme un feu sous la cendre.Felix est assis à côté de moi, silencieux, les traits tirés par des nuits sans sommeil. Il a mené son enquête, je le sais. Il a trouvé les preuves, les témoins, la vérité. Et pourtant, il ne fait rien. Il attend. Et cette attente me consume, me dévore, me rend folle.— Je ne peux pas la punir maintenant, dit-il enfin, comme s'il avait lu dans mes pensées, comme s'il sentait ma frustration
Última atualização : 2026-08-30 Ler mais