Au bout du quai, il y a une vieille grue, une grue portuaire, immense, rouillée, qui surplombe l'eau. À sa base, quelqu'un a accroché quelque chose. Un sac de toile, petit, noir, qui pend à une chaîne.Gabriel court. Je cours derrière lui. Le vent du fleuve me fouette le visage, m'apporte l'odeur de l'eau, l'odeur du métal, l'odeur de la peur. Gabriel décroche le sac. Il l'ouvre. Dedans, il y a une enveloppe, et dans l'enveloppe, il y a une photo.Une photo de nous. De nous deux. Jeunes. Vingt ans, peut-être moins. Nous sommes sur un quai, un quai qui ressemble à celui-ci, et nous rions, et derrière nous il y a un bateau, un vieux bateau de pêche, et Gabriel a le bras autour de mes épaules, et je tiens une glace à la main, et le soleil brille, et nous sommes heureux.Je reconnais l'endroit. C'est ici. C'est exactement ici. Le quai a changé, les grues ont rouillé, les entrepôts ont brûlé, mais c'est ici. C'est le quai où nous venions, l'été de nos dix-huit ans, quand nous nous cachions
آخر تحديث : 2026-10-26 اقرأ المزيد