Je perds la notion du temps quelque part entre la première nuit et ce qui doit être le milieu du deuxième jour. Personne n'est venu. Ni eau, ni nourriture, ni un mot à travers la porte métallique de cette cave qu'on appelle pudiquement "l'aile sud". Ma gorge est si sèche qu'avaler ma propre salive est devenu un supplice, et mes pensées commencent à se déliter, à flotter dans une brume épaisse où la peur elle-même finit par s'émousser, faute de force pour la nourrir. Je reste allongée sur le lit étroit, les yeux mi-clos, à écouter le silence épais de cette pièce sans fenêtre, quand un bruit métallique me tire de ma torpeur, le grincement d'une porte, des pas, plusieurs, qui résonnent sur le sol de pierre. J'essaie d'ouvrir les yeux. Mes paupières pèsent une tonne. La lumière du couloir, même faible, m'agresse comme un projecteur en plein visage. Puis le jet d'eau me frappe de plein fouet. Je pousse un cri qui n'a plus rien d'humain, un cri de choc autant que de survie, alor
Last Updated : 2026-09-27 Read more